Coup de stress

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Un émoticone, pour remplacer un titre… Quelques symboles, en réponse au monde, lorsque je ne trouve plus les mots ! Parce que #thestormiscoming, c’est cela aussi… Une plateforme que j’ai fait créer pour pouvoir m’exprimer, jusque dans ces moments plus sombres, lorsque je ne vais pas bien… Que j’ai envie de crier tout ce que j’ai sur le cœur. Lorsqu’on attend de moi que je sois une machine, déshumanisée, parfaite et ayant toujours réponse à tout. Mais sorry les gars… Moi aussi, j’ai le droit de dire « Je suis humain ! ».

Si #thestormiscoming est un média que je veux relativement positif, fun et ayant pour but d’apporter un peu d’amour aux gens, il m’arrive aussi, parfois, de ne pas trouver les mots. J’ai trop souvent l’impression qu’on attend de moi, sous prétexte d’un titre, d’un rôle à jouer, des travers d’une société en perte d’âme, de toujours avoir réponse à tout, en parfaite machine dépourvue de toute humanité, sans doute un peu aussi connectée à la 5G, puisqu’en plus d’avoir réponse à tout, il faut l’avoir dans l’instant ! Dans cette année merdique où le Covid-19, dont je ne sais absolument plus entendre le nom, est venu foutre un chaos sans nom, comme tout entrepreneur, je me débats, je tente de survivre, de garder ma place et de trouver des solutions. Et puis parfois, je n’ai pas de solutions… J’aimerais, comme on l’attend de moi, pouvoir claquer des doigts et changer le cours monde. Faire qu’il tourne à nouveau « rond » et que la paix règne dans les ménages. Mais n’étant pas un dieu, je ne peux pas claquer des doigts… Et là, j’en arrive parfois à ne plus trouver les mots !

Je n’ai plus les mots lorsque je me suis battu pour trouver des solutions pour pouvoir continuer à exister, mais que le monde écoute toutes les bêtises que tout ce même monde raconte, sans avoir réellement conscience qu’il s’agit là de bêtises. Aujourd’hui, il semble que nous soyons rentrés dans l’ère du concours à celui qui aura l’info la plus saugrenue à répéter, la presse en tête, avec ses gros titres tantôt ravageurs, tantôt rassurants (parce qu’il y a un public pour tout… ». On dit tout et son contraire, histoire de combler l’ennui pour certains et vendre pour les autres. Mais vendre quoi ? S’il on dit de la presse qu’il un des pouvoirs qui nous dirige et nous manipule, je me dis qu’il n’y a pas vraiment de quoi être fier de nous, car c’est en effet réellement le cas. Mais où est passé notre esprit critique ?

Je n’ai plus les mots lorsque les gens ont oublié que moi aussi je suis un être humain… Que moi aussi je dois survivre avant de vivre… Que moi aussi je suis fait de chair, de sang, de pensées et d’angoisses. Que je ne peux pas répondre à tous les caprices, parce qu’une structure est faite pour une multitude, sous réserve d’une sécurité absolue garantie pour tout un chacun, et que je ne puis pas toujours décider de faire au cas par cas. J’entends des « J’aimerai être a coté de machin, tu comprends c’est mon pote », pour ensuite lire (deux semaines plus tard) « Ha bah finalement non, mets-nous loin parce que c’est un gros bâtard en fait ». Mais où va le monde ?

Je n’ai plus les mots face à cette incompréhension qui s’offre parfois à moi lorsque je constate que les belles prises de conscience que j’ai pu lire pendant notre enfermement involontaire d’il y a quelques mois se sont comme évaporées. Je lisais l’homme conscient que les choses devaient changer… Mais les bonnes vieilles habitudes égoïstes ont repris le dessus. Je lisais l’homme conscient qu’il fallait avancer ensemble… Mais chacun a retrouvé son petit chemin et recommence à tirer la couverture pour lui. Je lisais l’homme en attente d’un avenir meilleur pour les prochaines générations… Force est de constater que leur filer un revolver tout de suite serait sans doute un peu plus utile, observant que le monde a oublié qu’il devait tourner rond et pas carré ! Je me dis « A quoi bon ? ».

Je n’ai plus les mots lorsqu’avec surprise, on a oublié de moi que j’étais un homme qui gère une entreprise et non une banque. Lorsque je constate que c’est l’argent avant tout qui domine notre monde, qu’il semble n’y avoir que cela qui compte et que je devrais donc, sous ce contexte, être une ressource inépuisable d’argent, mise à disposition de tous. Paye et paye encore plus qu’avant… Comme si le Covid-19 était devenu le prétexte pour que tout augmente, sans aucune autre justification, même pas celle de la logique ! Y aurait-il quelque chose que je n’ai pas compris ?

Je n’ai plus les mots lorsque je me dis que je suis un gros con. Moi qui aimerais voir le monde heureux, que tout le monde soit « content » et que je me démène pour cela… Pour avoir en face de moi un monde toujours plus insatisfait que la veille, a défaut d’être conscient des efforts fournis pour arriver à répondre à ses attentes toujours plus boulimiques. Pour briller dans cette société, soyez, mesdames et messieurs le plus “fils de pute” des deux. Mes mots choquent ? Faites-vous y… Parce que c’est bien là la triste réalité des choses. Car à force d’être trop gentil, on finira toujours par vous en demander encore et encore plus qu’hier. Quitte à en oublier que vous aussi vous n’êtes pas « à toute épreuve ». Me respectera-t-on enfin si je porte le masque d’un « Fils de pute » ?

Je n’ai plus les mots lorsque je n’ai pas trouvé ce masque que je dois porter. Je dois être parfait, la tête haute, souriant et fier… Histoire de donner de moi cette image que le monde attend que je montre. histoire aussi de ne pas donner le sourire à mes détracteurs. Parce que je suis un chef d’entreprise… Que je ne peux pas montrer mes faiblesses, à défaut de pouvoir en avoir. Parce qu’en réponse à la connerie, il faut donner l’image d’un règne parfait… Parce que c’est plus vendeur… Parce que ça rassure… Parce que ça motive… Parce que c’est là l’attitude à avoir…  Mais désolé, je ne sais pas faire semblant, je ne sais pas porter de masque et montrer une image qui n’est pas la mienne ! S’il faut montrer à tout prix que tout est parfait, quitte à ne pas l’être, que ce monde qui me regarde aille trouver réponse à son ennui sur Instagram. Et puis qu’est-ce que j’en ai à foutre du regard du monde ?

Je n’ai plus les mots lorsque je constate que je pointe le monde du doigt, mais qu’au bout de ce doigt c’est mon reflet que je trouve. Cette société est tellement malsaine et nauséabonde jusque dans ses réflexes, que moi-même le premier, je me perds et me vautre dans ces déboires qui font de nous tout sauf des hommes. Qu’ais-je fait ?

En réponse à tout cela, j’ai eu envie de cet article… J’ai parfois envie de baisser les bras, déposant les armes par terre et abandonnant là le combat. Se battre encore et encore pour constater que chaque pas qu’on a fait en avant est un pas qu’on fait pour moi en arrière. En toute humanité, je l’écris là aujourd’hui, c’est épuisant au possible. Et là ce matin, je n’ai plus la force de… J’hésite entre le fait de crier mon désespoir et pleurer de rire, avec le recul nécessaire, constatant que ce monde, que notre société, est devenue un grand n’importe quoi. J’ai conscience que cet article ne servira à rien, qu’il ne changera pas les choses… Sans garantie, de toute façon, qu’il sera lu, à défaut d’être compris. Lorsqu’on n’a pas confiance en soi, autant ne pas l’être jusqu’au bout ! Je ne sais pas si c’est un coup de gueule, un coup de blues, un coup de fatigue ou un appel au secours. J’en ai juste marre… J’ai moi aussi le pouvoir de pouvoir écrire que « Je ne sais pas ».  J’avais juste besoin d’ouvrir ma gueule pour dire « merde » à ce monde qui s’enfonce un peu plus profondément chaque jour dans son inhumanité et qui m’entraîne avec lui. J’ai juste cette envie que de prendre mon mari, mes animaux, quelques bons livres pour partir vivre sur une île déserte où on m’oubliera bien vite.

Demain étant un autre jour, dans dix minutes, après avoir déversé tous ces sentiments qui font de moi, l’espace d’un instant le mec le plus paumé du monde, je me remettrai au travail et recommencerai à trouver des solutions, à me battre et à afficher tantôt un sourire sincère, tantôt un sourire commercial. Mais lorsque vous me voyez sourire, sachez qu’il y a aussi en moi parfois un petit garçon qui pleure tant il peut être habité par une tristesse infinie.

Juste, n’allez pas croire que je suis parfait. Moi aussi, j’ai des doutes, des peurs, des craintes, des incertitudes, des angoisses, des imperfections, des défauts et un cœur qui tente de battre dans tout cela !

Scylla…

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