Autre contrariété

Amours sur lit de magie morte…

Du haut de mon statut d’homme « marié », je regarde aujourd’hui la vie d’un tout autre regard… Quelle chance ! J’ai oublié qu’il existe un autre monde : celui du célibat ! Et puis de temps en temps, il m’arrive de me mêler au reste du monde, à avoir la presque folie de confronter mon tout petit univers à celui d’autres personnes, ayant des besoins, des envies, des droits aussi parfois, tout comme moi. J’attrape une conversation au vol et je ne comprends plus… L’espace d’un bref instant, j’ai du vieillir, m’infiltrant dans une brèche temporelle, histoire de fuir la cruauté et la violence d’un monde absurde, où les gens ne savent plus se parler, s’écouter, s’aborder… Il n’en fallait finalement pas plus pour me donner envie d’écrire un article pour la catégorie « Autre contrariété… ».

Perdu au milieu du monde, parfois j’observe, je regarde, j’écoute et c’est amusant… Enfin, pas toujours. Car souvent, je me perds à observer en silence jusqu’au plus profond de mon âme. Je me souviens que « plus jeune » (vous aurez remarqué les guillemets), j’écoutais la personne « âgée » (là encore ?) en me disant que le respect impose l’écoute, mais que tout ce qui peut entrer dans une oreille peut tout aussi vite sortir par l’autre. Aujourd’hui, je me dis parfois que je suis cette « vieille personne » (j’abuse avec les guillemets, je sais… C’est pour me rassurer, ne vous inquiétez pas. Du moins tenter de…). J’écoute, j’observe, je regarde, j’essaie d’analyser et d’envisager le scénario catastrophe un peu moins dramatique qu’il ne s’annonce. Et souvent je suis confronté à cette ultra-violence.

Parlons par exemple de la drague… A l’époque d’un temps définitivement révolu, j’adorais sortir. Pas pour écouter de la musique, pas pour voir mes potes, pas pour boire non plus, mais juste pour draguer ! Je sortais pour partir à la chasse, pour me nourrir, combler le vide de mon cœur. Partir à la conquête d’un avenir à deux… Notons qu’à l’époque, l’avenir pouvait aussi ne durer qu’un bref instant (maman, ne lis pas cet article stp). L’instant était magique… Perdu dans la foule, j’avançais en observant, mon regard partant à la recherche d’un autre regard, comme on part à la rencontre du menu d’un restaurant. Un pas devant l’autre, j’avançais jusqu’au moment fatidique où je le trouvais, ce mec que je trouvais canon (avec le recul, notons que l’ombre peut parfois nous réserver de jolies surprises… Ou pas !). Et là, la parade commençait : La mission qui était mienne était d’accrocher le regard de l’autre. L’accrocher et faire en sorte qu’il le reste un instant… Cet instant qui fait, l’histoire d’une fausse éternité, comme dans les films, que tout autour de vous s’arrête, se fige, se taise. Cet instant où un lien indescriptible s’immisce, l’idée d’une complicité bouleversante, l’absence de mots à la fois avec le paradoxe d’une vague de messages. Un truc que rien ne vient interrompre, tel l’une des plus belles merveilles du monde… Un voyage… Une découverte… Un univers. Un regard suivi d’un sourire (ou pas) qui entrouvrait la porte du risque, et qui durait parfois plusieurs minutes, avant de mettre pied sur les terres d’un début de tentative de rencontre et l’éternelle question « Comment l’aborder ».

A l’époque, tout me semblait magique… Le jeu du regard, le « comment l’aborder ? », ce moment où l’on attendait que l’autre valide ou pas le fait qu’on décide « oser aller plus loin », histoire de risquer le rateau. Une main qui s’aventure au hasard a frôler celle de l’autre… Les regards qui s’envisagent dans d’autres messages… Des lèvres qui s’avancent pour se caresser… L’idée du flirt… Et puis, avant de se quitter, à l’aube, l’échange de numéros de téléphone. Avant que l’histoire ne continue. A l’époque, je me souviens avoir fait des rencontres passionnantes, qui ont souvent basculé vers d’autres scénarios, tout aussi farfelus les uns que les autres : de l’amour dont l’idylle ayant la perspective de vie d’un papillon, à l’amour ne durant que l’histoire d’une nuit, en passant par l’amour trop précipité, à celui qui tente de combler le vide laissé par un ex et j’en passe. Des histoires, je pourrais en écrire des bibliothèques j’ai l’impression. Et si souvent ces rêveries se terminaient sur un goût amer (j’étais fragile dans cet univers- là), elles avaient au moins le mérite de me donner l’impression de vivre.

Comment draguent les générations actuelles ? Elle ne draguent pas ! Aujourd’hui, on rencontre des gens via une application pensée pour cela, où les « algorithmes » (j’ai à nouveau fait appel aux guillemets, je sais… J’ai encore besoin de rassurer mon âme on dirait) décident pour nous de ce qu’il est bon de manger ou pas, ce qui est bon pour nous ou pas. Ces algorithmes que personne ne comprend, si ce n’est ces sombres personnes aveugles, le visage replié dans l’ombre, leurs disciples… Nous les appellerons les « méchants trucs bizarre et invisibles » qui vont jusqu’à oser penser à notre place, nous enlevant tout droit à nos libertés, dont le premier : le LIBRE ARBITRE. Paumés donc au milieu de la foule du reste du monde, nous nous perdons, isolés, le regard fixé sur notre écran et sur ces profils que l’app nous propose. Et nous nous prononçons entre OUI ou NON. Sur base d’une simple photo, nous décidons ou presque du « qui » recevra l’autorisation de nous aborder, parfois (souvent ?) caché derrière des photos retouchées à l’extrême (Photoshop c’est devenu un peu comme la chirurgie esthétique virtuelle du pauvre, au fil des années), des âges eux aussi figés dans la parfois incohérence du temps, des intentions qui n’en sont pas et des princes et princesses qui n’ont du charmant que le cheval mort, tué dans les mille autres batailles virtuelles de la semaine. L’absurdité de la chose poussant parfois le bouchon jusqu’à mettre en situation réelle deux personnes dans un même bar, qui s’abordent via app alors que seulement 5 mètres les séparent.

Parce que la drague c’est mal… Enfin, ça l’est devenu, on dirait ! La faute à ces hommes qui ont décidé que les codes n’existaient plus, que du « vous » on n’utilise plus rien. La lenteur du temps n’ayant plus pour vocation que de le perdre, l’homme a décidé de définitivement partir à la conquête du monde, le plus rapidement possible, « défonçant » (je sais…) tout sur son passage. Oubliant qu’il n’est pas à toute épreuve, qu’il n’est pas l’absolu et qu’il ne plaît pas systématiquement à tout le monde de se faire « rentrer dedans » (là c’est pour vous que c’était nécessaire) sans crier « gare » (là, c’est pour le français). Faute aussi à ces femmes, ces nouvelles dames, qui « portent leurs couilles » comme l’explique la grosse fille un peu vulgaire, avec la groooosse voix, dans la télé-réalité de la semaine. Ces femmes qui ont confondu les genres et ont décidé que la femme gouvernerait le monde. Celles-là même qui ont décrété qu’un simple « bonjour » dans la rue n’était que les prémices d’un viol. Qui ne voyagent pas sans la banderole militante, bien pliée au creux de leur pochette. Castration obligatoire pour un monde qui aura décidé de se taire avant de s’éteindre.

J’observe… Mon regard se perd… Mon ouïe se noie… Mon envie s’éteint, me rappelle à la dure réalité de la vie, me laissant pour seule perspective de basculer à l’horizontale. Un monde absurde, qui n’a plus pour code que ceux de la télé-réalité, où plus rien ne va, sans fin heureuse au bout de l’histoire. Les fins heureuses n’existent plus, parce que leurs histoires n’ont plus rien de magique. Cette génération baigne dans une ultra-violence nauséabonde, où tout devient prétexte à partir à la guerre. Un scénario ne me laissant en bouche qu’une simple question « Et où est l’amour dans tout cela ? ».  Du coup, mon désespoir, mes guillemets et moi, on avait envie de vous souhaiter « bonne chance », mais l’interrogation qui est nôtre aura plutôt tendance à nous donner envie de nous demander ce que nous avons pu bien faire…

Bonne merde quand même !

Scylla…
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