Jusque là tout va...

Biiiiiiiiiiiiiip…

Parfois, je me trouve pessimiste… Je regarde le ciel et je me dis que je vieillis. Du coup, comme pour me faire un peu plus « frais » ou un peu moins obsolète, j’essaie d’être positif. Malheureusement, ma télé, ma radio, l’Internet lorsque je les allume, ne me rassurent pas sur le côté devenu obsolète de ma toute petite existence… A moins que ce ne soit eux les fautifs, la télé, la radio, l’Internet, ces médias manipulés et manipulables à souhait, qui nous prêtent à penser, nous portent à nous exprimer, mais qui au final n’aiment pas qu’on les contredise !

Dernière preuve en date… Il y a quelques jours, lorsqu’une journaliste, Emmanuelle Praet, connue pour ne pas avoir sa langue en poche se faisait d’abord suspendre par RTL TVI l’une des chaines populaires en Belgique, pour ensuite se voir licenciée. Motif du dit licenciement ? La libre parole… Lors d’un débat télévisé ayant lieu tous les dimanches midi « C’est pas tous les jours dimanche », Emmanuelle Praet à « osé » répondre à un intervenant se plaignant des taxes qu’il paie qu’aux dernières élections le parti Ecolo avait fait un bon en avant et qu’il faudrait peut-être réfléchir lors des prochaines élections lorsque serait venu le moment de se prononcer.

Rappelons que la journaliste était chroniqueuse pour cette émission et était donc là pour se positionner et donner le ton au débat… Sauf que la chaîne, largement connue pour faire dans le sensationnel et pour être politisée à pensé à tout lors de la mise en place de cette émission prônant la « Libre parole » en plaçant un présentateur sensé « arbitrer » le dit débat, mais passant plus souvent son temps à couper la parole aux gens, condescendance à la clef. Pire… Afin de mieux garder le contrôle sur le « débat », la chaîne à proposé en 2017 une nouvelle version de l’émission proposant des « minis » débats, sous prétexte de pouvoir couvrir plus de sujets en une émission. En réalité, les timings des sujets sont suffisamment bien maîtrisés pour ne laisser qu’un temps de parole relativement court aux intervenants et invités, ne permettant pas de rentrer dans le détail et ainsi le dérapage. Censure bien pensante et pensée qui a déjà valu des reproches sur antenne de certains invités n’ayant pas réellement eu l’occasion de s’exprimer.

Emm

Voilà donc dans quelle réalité nous vivons en  quasi 2019… Mon pessimisme revenant à la charge, je me rappelle de ces émissions d’il y a quelques années. Je n’étais à l’époque pas encore né ou juste gosse, ne comprenant absolument pas la chose et ne mesurant pas la liberté de la télévision à l’époque. Nés ou pas, nous avons tous déjà vu ces extraits d’émissions qui font sensations aujourd’hui… Par exemple, la fameuse émission à succès de TF1 « Ciel mon mardi » diffusée de 1988 à 2001 et animée par Christophe Dechavanne. A l’époque, l’émission était diffusée en deuxième partie de soirée parce que connue pour déraper à tous les niveaux… Humour corrosif, libre parole, sexualité exacerbée, dont certains débats viraient souvent au tapage sur la tronche ! Parralléllement à cela, là encore sans l’avoir vécu parce que je n’étais pas encore né, mais nous avons déjà tous vu ces extraits de débats où les invités fumaient sur le plateau d’émissions proposées en live, sans aucune censure où des gens comme les regrettés Coluche ou Daniel Balavoine n’hésitaient pas à pousser des gros coups de gueule et ce même en présence de François Mitterrand, alors Président de la France. Pensez-vous cela possible avec un Macron aujourd’hui ? Pour en terminer avec ce paragraphe profondément mélancolique, vous souvenez-vous des provocations et dérapages dont Gainsbourg avait fait son fond de commerce ? Lorsqu’il traitait de pute Catherine Ringer, chanteuse du groupe « Rita Mitsouko », ou qu’il brûlait en live un billet de banque sur le plateau d’une émission.

Mais alors… Qu’en est-il d’une société sensée évoluer et qui coupe la parole à son peuple, l’empêchant de penser librement, de s’exprimer librement et d’agir ? Le peuple se réfugie sur des Facebook où l’ont préfère censurer un téton, mais où l’on diffuse en masse des images de décapitation ou d’ultra-violence. Chacun aura le droit de se retrouver ou non dans mon indignation… Parce que ce droit est une liberté à laquelle tout un chacun devrait pouvoir revendiquer à notre époque dans une société dite « civilisée ». A croire que nous sommes beaucoup moins fournis au niveau de l’entrejambe que nos anciens; nous nous sommes endormis, faute de consommer de l’info machée, digérée et vomie pour nous permettre de mieux l’avaler. En presque 2019, là où nous devrions être à la pointe de ce qu’on appelle la « liberté d’expression », nous devrions avoir le droit de nous exprimer sans censure… Et pourtant il semble que la censure ait largement pris du terrain depuis quelques années. Le libre- arbitre enterré, la liberté de parole réduite à un beau slogan après un attentat, belle parole dont nous ne maîtrisons plus la signification, je m’interroge sur l’avenir de la pensée des plus jeunes générations… Et ce que je vois ne me rassure absolument pas !

Dormez bien…

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