Jusque là tout va...

Couvrez-moi cette carte que je ne saurais voir…

Qu’on les juge de bon ou de mauvais goût, les cartes postales mettant en scène des femmes, mais aussi parfois des hommes dénudés, font partie du paysage folklorique de nos vacances, depuis la nuit des temps… Généralement envoyées par le pote un peu relou, ou le collègue un peu étrange, celles-ci prêtent généralement à sourire, plus qu’elles ne dérangent. Et pourtant… La vie de ces cartes postales pourrait bientot s’éteindre !

S’il faut avouer que je n’ai jamais trouvé la chose trop « subtile », les cartes postales offrant la vue d’une paire de fesses ou d’une paire de seins ne m’a jamais trop choqué, accompagnant le souvenir de chaque vacances, depuis mon plus jeune âge. Un peu à l’image de ces cadeaux et autres gadgets un peu tordus qu’on reçoit, à l’occasion d’une fête d’anniversaire, par le pote qu’il n’aurait finalement pas fallu inviter. J’aurais d’ailleurs tendance à croire qu’elles ne heurtent plus aucune sensibilité, puisque faisant partie du paysage de nos vacances, tant elles sont devenues incontournables. Et bien je me trompais… Car ces cartes postales sont la cible, depuis peu, d’un groupement de femmes répondant au nom de « Femmes Solidaires ». L’association française accueillant 10.000 membres, selon ses dires, annonce que ses militantes seraient parties à la chasse !

Une capture d’écran d’un des posts dénonçant les cartes jugées “sexistes”

La « Mission » placée sur les épaules des troupes de « Femmes solidaires » est simple… Chasser la carte la plus vulgaire, pour ensuite la partager sur le réseau social Twitter à coup de hashtag tels que #GenerationNonSexiste ou #StopCultureDuViol, au même titre que le sulfureux prédécesseur #balancetonporc. Car à en entendre la porte-parole de l’association, ces cartes postales ancrées dans nos moeurs depuis bien trop longtemps auraient pour effet de “véhiculer une image dégradante des femmes, renforçant l’idée de femme objet tout en banalisant les violences ». Le but allant même jusqu’à faire en sorte d’interdire la vente de ces cartes postales.

Mais qu’en pensent réellement la femme de la rue, celle que nous côtoyons tous les jours ? J’ai posé la question à 10 d’entre elles, tout âge et tout niveau social confondu… Si la plupart sont surprises par la démarche, avouant elles aussi ne pas trouver cela de très bon goût, mais ne se sentant pas agressées pour autant, deux d’entre elles rejoignent tout de même l’avis du regroupement : « Je trouve cela très bien. Pour moi, une femme doit préserver les parties intimes de son corps du regard des autres, cela évite de la montrer vulgaire » me réponds Jessica. Valérie, quand à elle m’explique qu’elle n’a jamais compris le but de ces cartes postales, les trouvant complètement inutiles. Pendant ce temps, sur l’autre rive, Julia, 68 ans, balance elle aussi : « Aujourd’hui les femmes sont devenues coincées. Nos mères se sont battues pour nos libertés, elle sont descendues dans la rue pour sortir du placard. La tendance actuelle qui vise à toujours instrumentaliser la femme et l’opposer à l’homme n’a au final pour seul effet que de faire régresser la lutte pour la liberté des femmes ».

La presse internationale couvre l’événement avec beaucoup d’humour !

Mais au final… Si les cartes postales offrant une vue dénudée de la femme sont jugées comme une véritable agression de par les membres de l’association en question, qualifiant l’objet de « sexiste », doit-on s’attendre dans les prochaines années à voir interdire le topless sur les plages ou les tenues jugées « trop courtes » dans la rue ? Il semblerait en effet que s’il y a quelques années la femme s’est ouvertement émencipée, s’imposant comme l’égale de l’homme et pensant sortir définitivement de son ombre, certains mouvements auraient tendance à vouloir « couvrir » la femme lui enlevant certaines des libertés gagnées. Et comme le signale Julia, ces mouvements qu’on pourrait penser presque extrémistes opposent singulièrement la femme à l’homme, faisant de son quotidien une bataille parfois acharnée, visant à la hisser plus haut que son égal… Mais n’ayant pour réel effet que l’inverse de ceci ! Qu’en sera-t-il aussi des nus qui ont fait l’histoire de l’art ? Verra-t-on aussi des regroupement manifester dans nos musées, pour faire censurer les oeuvres de Picasso, Cézanne, Renoir ou Matisse ?

Si les prémices de ces démarches visaient à dénoncer le mal-être de la femme se faisant agresser dans la rue par des hommes grossiers et beaucoup trop insistants, il n’est pas sans rappeler que ce comportement n’est pas révélateur de celui de tout homme… Heureusement il ne s’agit là que d’un pourcentage, trop élevé certes, mais pas toujours majoritaire. Néanmoins, les démarches du style de celle dont cet article traite semblent légèrement exagérées, poussant le bouchon un peu loin, surtout quand on sait que la parallèle mettant des hommes dénudés, existe elle aussi, même si elles sont beaucoup moins répandues… Mesdames, nous nous inclinons donc une nouvelle fois devant le fait que vous ayez meilleur goût que les hommes barbares !

Le sujet de cet article ouvrant un débat plus qu’intéressant, je vous laisse le soin de partager votre avis en commentaire ci-dessous ou à partager avec nous vos expériences dans le domaine. Car après tout, l’humour, quant à lui, n’est toujours pas interdit ! C’est à vous…

Scylla PIERCE

VOS COMMENTAIRES