Sans parure...

Crever le silence…

Depuis ma petite presqu’hibernation littéraire, inexorablement,  j’observe le temps, mon cruel ennemi, passer et se délecter en caressant mon âme de sa lame tranchante…  Voilà des semaines, maintenant, que ma plume est là, déposée, en attente d’un battement de coeur un peu plus fort que les autres, un rythme cardiaque, histoire de redonner échos, de rendre vie, à mes mots. Mais les maux sont parfois plus puissants, nous laissant, me laissant, crever de silence.


Depuis que j’avais retrouvé le chemin de l’écriture, il y a un peu plus d’un an, au lancement de #thestormiscoming, j’ai parfois du faire appel au silence, tantôt faute de temps, tantôt par besoin de prendre le recul nécessaire sur mes plaies, mes bleus, mes colères ou mes tortures. Pour autant, je me rends compte que jamais je n’ai laissé le temps, me battre sur mon propre territoire… Jamais, jusqu’à aujourd’hui ! Car voilà maintenant des semaines que le silence, mon silence, a pris possession de ce presque journal intime auquel je vous ai habitué à travers ce média.La raison de ce silence ? Sans doute l’accumulation de tout un tas de coïncidences mélangées aux tourments de la passion et de la douleur. 
Passion parce que depuis que nous nous sommes installés dans nos nouveaux bureaux, chez The Storm Events, que l’équipe s’est agrandie, les projets ne cessent de se développer… Les projets, mais aussi ma façon de travailler. Armé d’une toute nouvelle équipe, dynamique, motivée, puissante et tout aussi barge que moi, j’apprends à déléguer, permettant à mon coté créatif de s’exprimer plus que jamais, donnant vie ça et là à des idées toutes plus insensées les unes que les autres; mais assez folles finalement pour nous amener sur la route du succès. Mais la passion est égoïste, elle rend aveugle dans son ébullition. 


De l’autre coté, la douleur… Celle d’une part de ma personnalité complexe à souhait, qui observe le monde tourner… Ou s’arrêter de tourner ? Les maux que l’on se prête, qui nous rendent toujours un peu plus profondément embourbés dans une boue infâme et sinistre, faisant de moi un homme honteux d’être un homme. J’observe, en silence, mon armure rangée loin de moi, je vois le monde se suicider peu à peu, me laissant circonspect, dépourvu de réponses, dépourvu d’espoir, dépourvu de réactions. Car il y a ce côté en moi, qui, bien caché derrière tout un tas de jolies choses, se meurt petit à petit.


Ce silence, une part de mon âme doit en avoir besoin… là encore une fois, inexorablement. Et j’en culpabilise… Car, finalement, que manque-t-il à ma vie ? Rien, ou presque ! Mais la mélancolie, encrée en moi aussi profondément que je puisse m’en souvenir, réclame ce silence, l’absence de mots, l’absence de vie. Alors, je me dis que demain est un autre jour, qu’une fois ressourcé, cette partie sombre de mon âme finira par se rendormir, me libérant de mes entraves et des ces chaînes qui me retiennent un peu enfermé au plus profondément de moi-même. Je me dis qu’une fois ressourcé, les mots libérés viendront à couler à nouveau. Je sais… Je suis compliqué. Je ne suis que paradoxe !


Je ne signe pas la fin… J’ai juste besoin de temps, de recul, de me retrouver. Je n’écris pas adieu, ni à demain… Je laisse au temps ce qu’il a de pouvoir sur moi, espérant de tout cœur qu’il ne s’attarde pas trop sur mon cas. Ne vous inquiétez pas…

Scylla PIERCE

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Crédit photo : Camilla QUINTERO

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