Show me The Storm

Debout, les yeux fixés vers l’horizon…

D’accord, on le savait, cette première année n’allait pas être simple… Et pourtant, qui aurait cru que le chaos s’installerait si rapidement. A l’heure des bilans, avant de commencer à mettre un pied devant l’autre, il semble aujourd’hui plus que nécessaire de regarder en arrière, histoire de ne pas oublier d’où l’ont vient et de ne pas commettre les même erreurs.

S’il est des projets un peu barges dans ma vie, celui-ci s’est sans doute révélé être l’un des pires… Depuis le temps que j’en rêvais… Il y a un an, presque jour pour jour, je me retrouvais au coeur de la tempête, déchiré par les attaques et les polémiques, moi qui étais devenu « organisateur » d’une tattoo convention. On n’est bien évidement pas sans oublier le déluge d’attaques qui ont accompagné l’édition 2017 de l’International Tattoo Convention, presque réduite à l’état de cendres. Reprendre cet événement, après la mauvaise gestion qui avait presque signé son arrêt de mort… Fournisseurs non-payés, mécontentement des visiteurs, non satisfaction des exposants, scandales repris encore et encore par la presse nationale. Moi qui rêvais de « construire », je me retrouvais a me demander s’il n’aurait pas été mieux de laisser cet événement mourir. Mais le pire restait à venir…

Car si la réputation de l’homme n’est plus à faire, celui qui se retrouvait roi déchu, ne s’est pas privé de nous faire son petit chantage, dans l’agonie de l’échec qui était devenu sien ! Qu’avait-il à perdre, finalement, me direz-vous… « Le roi est mort, longue vie au roi ! » (ou pas !). Mais quel bel héritage laissait-il derrière lui ? Une convention réduite à l’état de cendres, une équipe démotivée et usée par le harcèlement, des fournisseurs ayant perdu confiance, abusés qu’ils étaient par les belles paroles sublimées, mais jamais tenues… C’est donc dans ce climat plus que délétère qu’il fallait redonner un souffle à cet événement qui méritait tout de même qu’on lui réinsuffle vie !

Et puis Dieu, qu’ils sont fous ces gens qui ont cru en moi… Cette équipe dont j’avais fais partie et qui devenait mienne. Allais-je être à la hauteur ?! Du jour au lendemain, je me retrouvais « patron » , pour la première fois de ma vie, propulsé à un rang nécessitant des épaules que je n’avais peut-être pas ! Les belles promesses ne nous ayant pas épargnés, j’avais encore moins droit à l’erreur ! Cela aura d’ailleurs été ma frustration ultime durant toute cette première année… Moi qui me retrouvais dans ma première année d’organisateur, starter de métier, je devais avoir le droit à l’erreur, à trébucher, à me faire mal et saigner. Sauf que « non, Scylla », le chaos laissé avant toi, ayant tout réduit à l’état de ruines, l’erreur ne t’est pas permise. Pas de retards de paiements, pas de confiance, pas de possibilité de doutes… J’avais parfois l’image d’être perdu en plein océan, prêt à boire la tasse à chaque instant !

Le temps passait, toujours plus rapidement qu’hier… Je redoutais l’instant, convaincu qu’il était presque impossible de récupérer la chose. J’aurais tout fait pour gagner le temps, mais l’horloge, ce dieu sinistre, ricanait de moi, se jouant de mes émotions et de mon espoir. Puis vient l’instant fatidique. Parfois les certitudes nous envahissent, sachant de nous l’imperfection de l’humanité, faisant parfois place à de jolies surprises. Moi qui pensais la fin proche pour cet événement, travaillant déjà sur un nouveau concept pour le remplacer, j’étais submergé par le retour positif des visiteurs et des exposants, tous satisfaits et heureux de voir que nos paroles n’étaient pas en l’air et que la qualité était revenue ! Que dire… Que faut-il faire de tout cela, quand on s’attendait au pire ? J’étais dépourvu, je n’y croyais pas… Plus ?Et nous voilà avec un événement, un seul, trois petites journées, qui auront prouvé que nous pouvions faire mieux !

« J’arrive là où je vais, en m’éloignant de où j’étais »

Je ne peux évidement pas m’accorder tout le mérite de ce succès… Mes équipes n’y sont pas pour rien ! Tant l’investissement de Vanessa Deiskes et Vincent Jeannot, mes bras droits, sans qui rien n’aurait été possible, qui au bout d’un an sont devenus plus que des amis, une deuxième famille en soi. Toute cette équipe de bénévoles qui ont été aussi fous que les autres de croire en moi, leur pêche et leurs sourires, faisant ma force… Ces gens qui avaient tourné le dos à The Storm, abusés qu’ils étaient par la bêtise d’un seule homme, redevenus des oreilles attentives, de réels soutiens. Je pense à Marion Thill, Trash Doll… Et puis cette superbe rencontre, que rien ne laissait présager, bien au contraire. Cette relation inexistante, devenue une véritable amitié, celle sur qui l’ont peut compter plus que jamais… Ney San et David Papel, les leaders du studio Adikt Ink, que l’ont dit aujourd’hui mariés à The Storm, tant la complicité est grande ! Et puis je ne puis oublier cette personne qui partage ma vie, mes rêves, mes craintes, mes déceptions. Sans lui aussi, rien ne serait possible… Même pas la vie, j’ai l’impression !

Puis demain… J’ai l’impression que le monde est possible, que cette année à « tenter de » tout un tas de choses, a donné naissance à tous les possibles ! The Storm Events est née, elle a fait ses preuves, enterrant à jamais les vieux fantômes d’un passé traumatisé, dont les noms n’ont aujourd’hui plus aucun sens. Disons-leur adieu, espérant qu’ils s’étoufferont dans leur ignorance. The Storm s’est (re)faite une réputation, synonyme de qualité. Nous allons maintenant pouvoir commencer à bousculer les codes, à proposer des choses nouvelles, à innover. J’ai envie de changer la donne, repenser les choses, ré-inventer… N’oubliant pas que j’ai inversé la tendance, qu’aujourd’hui j’ai fais mes preuves, que c’est maintenant dans mes mains que reposent les choix. S’il on attend de ma structure qu’elle soit parfaite, il en sera de même de mes attentes chez les autres. De nouvelles choses arrives… Des changements aussi !

Je terminerai en remerciant tous ces gens qui ont été assez fous pour me dire « oui ». Cette victoire est autant la leur que la mienne ! Gageons de ne jamais oublier d’où nous venons pour en faire notre force principale ! Un grand de ce monde (pas si grand que ça) a un jour dis « J’arrive là où je vais, en m’éloignant de où j’étais »… Ce sera le mot de la fin pour ce bilan signant la fin d’une ère, ouvrant les portes d’une autre !

Scylla Pierce

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