Coup de sang

ET LA BRANLETTE… CA VA ?!?

Ainsi donc, nous serions humains… Si pour un beau nombre d’entre nous, cette révélation se fait évidente, je fais parfois le constat malheureux que ce n’est pas le cas pour tous ! Petit article pour passer mes nerfs, ou comment rappeler à leur condition humaine certains trou-de-balles qui auraient tendance à péter un peu plus haut que…

Si je prends le cas qui me concerne… « moi » (vous remarquerez que je n’y ai pas placé de majuscule… Parce que voilà…), durant pas loin de deux années, je me suis retrouvé là, exactement au même endroit que ce soir, à écrire pour ce blog, en attendant. Attendant quoi ? De pouvoir vivre, respirer, vibrer, exister à nouveau… Attendre que cette attente tout aussi insoutenable qu’anxiogènes s’arrête et appuie à nouveau sur le bouton PLAY de ma vie. Cette attente, particulièrement longue, s’est faite synonyme d’une profonde douleur, une angoisse oppressante, semant le doute, les questions sans réponses et le flou dans son sillage. En gros, avais-je un avenir dans ce que j’avais créé ? Tout allait-il s’effondrer ? Allais-je survivre à ce plafond qui venait se vautrer sur moi, sans que je ne lui ai rien demandé ? Pourtant, à chaque fois qu’il aura fallu reprendre les armes et me battre, j’aurai choisi sans hésitations de lutter, ne négligeant pas mes efforts… Quitte à me battre à contre courant et contre les vents.

Pendant ce temps, certains, se posant sans doute les mêmes questions que moi, auront préféré rester dans l’ombre sans se mouiller… Se cachant derrière des « années blanches » pour ne pas construire ce qui aurait pu, éventuellement, ne pas voir le jour. « Pourquoi pas » me direz-vous et en effet… Il s’agit là d’un choix, que personnellement je n’aurai pas fait, sans doute aussi parce qu’il n’est pas dans ma nature de rester stoïque ! C’est tellement facile…

Parallèlement à cela, aujourd’hui que les restrictions s’en sont levées définitivement (enfin… On l’espère…), la vie semble reprendre son cours plus ou moins normal. Tellement « normal » que finalement rien n’aura changé, les cons restent des cons et, même si on peut constater que certains cas trop souvent isolés auront pris le temps de la réflection, d’autres n’auront finalement absolument rien compris au truc ! Ainsi, il y a quelques jours, en ouvrant un e-mail, ma pensée se confirme quand je lis une phrase que je ne pourrai totalement retranscrire ici, mais en gros celle-ci résonnait comme un « …cela faisant de moi l’un des meilleurs du Luxembourg ». WTF ? « l’un des meilleurs » ?! Un événement… Certes qui aura du faire du chiffre au niveau de ses visiteurs… Mais un événement dont on aura soigneusement oublié les grosses erreurs : poubelles qui dégueulaient, fautes d’orthographes dans la comm, mauvaise ambiance et concurrence dans les équipes, mauvaise analyse du champ de circulation… La quantité, oui, sans doute… Mais pas la qualité ! Et, en soi, si l’ont veut être honnête, ce sont là des choses qui s’apprennent… Mes événements n’ont pas toujours été parfaits, j’ai du apprendre de mes erreurs… Pour autant, arrivé là où j’en suis aujourd’hui, je ne revendique toujours pas « être l’un des meilleurs » !

Dans le même ordre d’idée, alors que nous avons toutes et tous, dans notre secteur, été forcé à l’inactivité et au fait de nous taire d’une certaine façon, j’en vois aujourd’hui qui, sous des airs de princesses capricieuses, revendiquent un agenda trop chargé pour pouvoir assister à un shooting pro « plus de trente minutes ». Meuf… Je suis chef d’entreprise, à la veille d’un événement, je dirige une équipe et plusieurs concepts, j’ai aussi une vie, et mon agenda est plus flexible que le tiens ! WTF ?!?

Ainsi donc, deux exemples parmi tant d’autres, qui viennent se vautrer contre ma bulle et me donner envie d’écrire… A défaut d’hurler ou de vomir, avouons qu’on y gagne plutôt au change. Mais au final, qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Ais-je perdu le fil de la réalité ou certains d’entre se seraient-ils découverts une vocation de « sauveurs de vie » ? Cela fait depuis 2017 que je me bats en tant que patron… J’ai tantôt réussi, tantôt échoué… Je me suis battu et relevé des défis que beaucoup n’auraient jamais osé relever… Quitte à ne pas compter mes heures, à rentrer parfois chez moi avec pour seule envie celle de baisser les bras, éclatant en sanglots tellement je n’en pouvait plus. Je me suis heurté à des structures inhumaines qui, alors que je me battais pour mon entreprise, mon concept, mon domaine d’activité, ma propre vie, auront préféré m’enfoncer encore plus profondément que de me soutenir et me laisser le temps de respirer, histoire de m’aider un peu. Pourtant, je n’aurai ni baissé la tête, ni baissé les bras… Au final, j’ai mené mes guerres, je les ai gagnées, recevant les félicitations de mes paires. Pour autant, est-ce que j’écris aujourd’hui que « je suis le meilleur » ? Non, jamais ! Je n’oserai pas… Pas plus que je cautionnerai que mes équipes les fassent, tout simplement parce que la question de l’humilité !

J’entends du « Je suis cela… », « Je fais cela… », « Grâce à moi… ». Et moi qui observe la scène en silence, je me remémore la véritable histoire… Bah oui, parce que tout se sait, surtout dans un tout petit pays comme celui-ci. L’ont me parle de victoires, de succès, de richesses parfois… Mais je sais, moi, ne pas oublier sur qui tu as marché pour paraître plus grand, quitte à perdre tes associés, ceux-là même sans qui tu ne serais pas là aujourd’hui. Je sais aussi me souvenir de cette victoire que tu racontes fièrement, me souvenant que tu n’y es pas pour grand chose… Que ceux, dont tu ne fais pas partie, qui sont partis au charbon, ne sont plus là aujourd’hui… Usés et abusés par ton égo démesuré. Je sais aussi les vrais chiffres, pas si glorieux finalement, derrière toute cette poudre de perlimpinpin que tu m’envoies dans la tronche, histoire de m’aveugler, ne me laissant plus que mes oreilles pour entendre ton champ macabre.

Gageons, enfin, qu’une réussite, la vraie, se gagne à la sueur de son front… Pas en allant mendier à droite et à gauche pour gratter un max d’argent. Ma société, elle, monte des salons qui ont de la gueule, qui sont crédibles, irréprochables ou presque (parce que oui, mes équipes, à mon image, restent humaines et donc non-infaibles). Pourtant, mes salons se montent sans aucuns sponsors, partenaires financiers, injecteurs de cash et autres investisseurs… Pas un ! Je m’y refuse… Histoire de rester seule maître à bord, gardant au passage ma totale liberté de ton et de choix. Je n’ai pas besoin de faire la pute pour donner vie. Peux-tu en dire autant ?

En définitive, le matin quand nous nous levons, certain(e)s feraient mieux de mieux se regarder dans le miroir. Mentir aux autres c’est une chose… Se mentir à soi-même s’en est une autre. Lorsque, dans nos métiers du monde de l’événementiel, nous parviendront à sauver des vies au quotidien, nous penseront peut-être à nous auto-masturber… D’ici là, nous avons largement le temps de nous questionner sur notre condition… Commençons par l’idée de l’humilité.

Scylla…