Coup de plume

Evidement…

Avant de fermer la porte définitivement derrière moi, j’avais cette envie  de me retrouver à nouveau là où tout à recommencé il y a quelques heures… Tout est si fragile. Puisqu’après la tempête, repose cette odeur de pluie qui apaise enfin nos âmes… Vont de paire ces sentiments qui se bousculent en toute quiétude, au plus profond de moi. Ces lieux sont devenus si calmes, alors qu’ils n’étaient encore que passion il y a quelques heures. L’endroit qui avait été abandonné de l’homme il y a des semaines avait repris vie le temps de quelques jours, un peu pour moi finalement… Mais quelle folie quand on y pense ! Aujourd’hui, l’écho de nos souvenirs pour seul témoin, je me retrouve là au milieu du rien, du calme et de la plénitude à mettre un pas devant l’autre, histoire de faire se prolonger un peu le temps, une dernière fois. 

Même si comprendre ne guérit pas, ces derniers mois ont parfois été d’une douleur atroce… La préparation de la neuvième édition de ce salon qui s’annonçait si bien au début de l’année s’est vite transformée, pour moi, en une tempête infernale entraînant tout sur son chemin. Évidemment, le sarcasme qui me caractérise parfois si bien sait aussi choisir ses mots.Si tout cela était à refaire, je ne puis dire en toute sincérité que j’aurais finalement choisi de mener cette guerre là. Et pourtant, malgré tout, on me l’a imposée, tout comme au reste du monde. S’en suivit cet amalgame de sentiments plus perturbants les uns que les autres, ces doutes, ces peurs, ces angoisses, mais aussi ces réponses qu’on attendait de moi alors que je ne les avais pas plus que le monde. L’incompréhension de certains sans doute, au même titre que la mienne, donnant l’écho tantôt à ma colère, à ma frustration, à ma rage ou à mon désespoir. Il s’agit là de quelque chose de très brûlant sur l’instant, mais j’ai parfois l’impression qu’en tant  qu’organisateur d’événement, on attend de moi que je trouve hier la question aux problèmes de demain, y compris ceux dont je ne suis responsable et où je n’ai parfois pas mon mot à dire… Mais qui savent pourtant me bousculer, me heurter et me faire peur. N’étant pas l’essentiel, on me donne parfois le règne d’un second rôle, qui, puisqu’il n’est pas vital pour l’autre, m’arrache parfois cette humanité dont j’ai tant besoin pour entendre mon cœur battre… Le mien et celui de l’autre. Et comme si cela se suffisait pas, d’autres guerres, de dernières minutes, tapies dans l’ombre sont elles aussi venu semer leur dose de chaos… Ce n’est pas comme si 2020 n’avait été qu’un profond puis inexhaustible moment d’angoisse finalement. J’ai parfois cette sensation d’être écorché vif.

En me promenant dans ces lieux où le silence à déposé à nouveau son épais manteau , je me dis que je ne peux toujours qu’être plus fort, même si ces guerres là me lassent et m’abiment. Évidemment, je suis un guerrier… Plus personne ne peut dire le contraire aujourd’hui. Les combats ont tous été menés, l’étendard bien haut hissé, montrant que le monde de l’événementiel luxembourgeois pouvait faire les choses plus que bien, avec de nouveaux facteurs qui ne sont pas ceux qui étaient hier… Il y a quelques semaines, j’ai accepté ce manteau qu’on déposait cette fois sur mes épaules, d’un poids dont je ne m’étais pas vraiment douté finalement. Je dois être soit d’une insouciance troublante, soit d’une bêtise flagrante pour avoir accepté… Mais aujourd’hui, ce qui est fait est fait, l’important reposant dans l’idée de cette bataille accomplie et gagnée. Et sans doute cette fierté, même si ce mot me restera de toute façon étranger, et pourtant c’est bien nous, une convention de tatouage, des artistes, des exposants, des êtres humains qu’on a parfois tendance à sous-estimer, à sous-qualifier, à regarder de haut et à prendre à la rigolade, sujet « exotique » oblige, la crédibilité s’accordant plus à une cravate qu’à un cœur. Pourtant, la cravate était bien rangée au placard, pendant que le cœur menait sa bataille et donnait le ton. Si j’étais capable de fierté, je lèverais le poing très haut, me tournerais vers mes troupes, le sourire aux lèvres… 

Je ne sais pas si c’est cette mélancolie qui m’accompagne un peu dans tout, mais malgré ce goût amer qui me reste en bouche, je ne peux pas oublier ces sourires, ces regards, ces échanges qui ont été si bouillonnants ce week-end. Un peu comme si le fait de redonner souffle à nos vies avait été d’un réconfort immense pour nous tous réunis là. Et finalement, si je suis fou, tous ces gens aussi doivent accepter de l’être. De tous ces événements qui ont été miens, c’est finalement ce sentiment d’échange qui me restera gravé à vie, alors que je finirai par oublier le tourment. Et vous avez été beaucoup, nombreux, à m’ouvrir à votre tour le cœur… Alors même que parfois le mien n’avait pour seule envie que de fondre en larmes. C’est finalement l’humanité qui aura fini par gagner… Pour ne retenir que son essence. Je ne pourrai donc que vous remercier, vous êtes si nombreux, vous qui m’avez tant manqué et qui me manquerez encore tellement. Au -delà de ce qu’aurait du être un simple « échange commercial », on sait aujourd’hui que des liens se sont créés, donnant leur chance à de nouveaux liens, à de belles amitiés peut-être. Parce que la vie sait tout de même aussi continuer à semer ça et là, sur notre chemin, parfois ces si belles choses… C’est cela qui finalement me donne le goût de la vie. Tout serait tellement insipide sans cela. J’ai envie de vous écrire « merci » à vous tous, exposants, visiteurs, partenaires qui m’avez tant apporté. Remercier inévitablement mes équipes sans qui tout cela aurait été impossible… J’oublie si souvent de vous le dire. Parce que ces guerres, je ne les ai pas menées seul, je dois inévitablement avoir une belle pensée envers tous ces gens qui m’ont tant épaulé, se plaçant sur le même front que moi. Ma force c’est là que je vais la puiser… Moi qui ne suis qu’un tout petit garçon, un peu paumé dans la vie, sous des airs de guerrier que je ne suis peut-être pas finalement

J’ai traversé la tempête… Lui ai donné son souffle pour aujourd’hui la regarder s’éteindre. Ne reste que ce silence et cette mélancolie qui m’inonde le cœur. A cet instant, loin, très loin du monde, j’aurais presque envie de pleurer… Pas parce que j’ai mal, mes plaies commencent à se refermer. Mais parce que j’ai maintenant tant de beaux souvenirs dans le cœur. Chaque fin à son côté douloureux… Celle-ci se fait ultime et sans doute la plus lourde. A chaque fois, ‘j’ai l’impression qu’il s’agit de la dernière page du livre. Est-ce le cas ? Je ne le sais pas… J’ai besoin de regagner le vide, l’ombre et le silence pour me retrouver. Si c’est le cas, je saurai m’en retourner et garderai un sourire sur les lèvres, moi qui ne suis personne, me rappelle tout ce que vous avez laissé d’empreinte en moi. N’est-ce pas cela finalement le but ultime de la vie…


Je vous aime, vous allez terriblement me manquer ! Je ne suis tellement rien sans vous.

Scylla…

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