Autre contrariété

Facebook ou comment l’homme…

Vous savez… Je déteste le lundi, un peu comme la plupart d’entre vous, je suppose. J’ai appelé cette catégorie « Autre contrariété », par soucis de forme, mais j’aurai pu l’appeler « Bloody lundi », sous-entendez « Les articles coup de gueule »… Et souvent, le lundi, le monde me donne grave envie de pousser un coup de gueule. Le monde ? Oui, souvent… Mais plus particulièrement sur ce joli média qu’est Facebook !

Le ton est directement donné… Si Facebook a cette facilité de nous permettre de discuter avec des amis se trouvant de l’autre coté de la planète, il a aussi et surtout le désavantage de nous montrer au quotidien « comment » l’homme se comporte. Au départ, rien de bien méchant, il y a une dizaine d’année, tout le monde trouvait ça génial, on utilisait tous, ou presque, l’outil depuis un ordinateur, une ou plusieurs fois dans la journée. A l’époque, j’ai l’impression qu’on avait encore une vie… Aujourd’hui Facebook est devenu une addiction gravement délétère qui obsède nos journées. Je m’explique par l’exemple d’une journée type : On ouvre les yeux, on attrape son smartphone pour regarder l’heure, bingo on ne regarde pas l’heure parce que le téléphone nous inonde de notifications Facebook. Donc, machinalement, on va aller voir ce que ces notification nous racontent… Et ce petit scénario va se reproduire non-stop pendant toute la journée. Pour au final se retrouver au lit, avant d’aller dormir, le smartphone à la main pour survoler le quotidien de nos « Amis ».

Justement, parlons-en de nos « amis », perso j’en ai 5.000 ou presque… Parce qu’à 5.000 amis, on ne peut plus avoir d’amis, Facebook nous l’interdit et pour être sûr qu’on respecte bien l’interdiction, les ajouts supplémentaires sont bloqués. Alors, certains doivent se dire « wow le mec est soit populaire, soit bien entouré… » bah non, sorry, je suis loooooin de pouvoir compter sur 5.000 personnes en cas de besoin ! Pour moi, un ami, c’est quelqu’un que je pourrai appeler à trois heure du matin, si j’ai un problème. Je peux l’appeler et il (elle) sera présent(e). Faut avouer que lorsque vous êtes connecté sur Facebook à trois heure du mat, c’est pas pour attendre de « venir en aide » ou ne fut-ce que « prêter l’oreille » à un « ami » dans le besoin ! Personnellement, lorsque je reçois des messages le nuit, via Facebook, c’est généralement des questions « bêtes » posées par des tatoueurs qui eux-même avaient postés un statut deux jours auparavant, pour se plaindre des clients qui leurs envoient des messages privés le soir ou le week-end. WTF mec ? Tu te plains parce que tes clients t’écrivent et te dérangent, mais toi ça ne te pose pas de problème de me réveiller ? Ei si tu ne me réveilles pas, j’aurai droit aux suites consécutives de points d’interrogations ?

Et puis, vous avez remarqué le comportement des gens sur ce site ? « Facebook nous offre une fenêtre sur le monde », cette phrase m’a toujours fait penser aux vieilles dames cachées derrière les rideaux de leurs fenêtres, entrain d’épier ce qui se passe dans la rue. Finalement, on n’est pas mieux qu’elles… On passe notre vie, le regard scotché à ce média pour voir quoi ? L’ultra violence dans le monde à grand coup de décapitations, d’animaux torturés, d’acte de scarifications, d’accidents sur les routes… etc. On se connecte pour voir des règlements de compte à grands coups de capture d’écran, où chacun y va de son petit mot d’encouragement. Comme si le monde était appellé à prendre parti pour un clan ou l’autre. Dommage qu’on ne puisse pas voter lors des élections sur Facebook, le taux de participation serait, en plus d’être plus passionné, beaucoup plus élevé. Et puis il y a aussi ce sentiment de «toute-puissance » qu’on les gens sur Facebook, cachés derrière leur écran d’ordinateur. Sous prétexte qu’ils sont sur Facebook, les gens se prennent pour des dieux… Ca me fera toujours penser à cette meuf « sans donner de nom » qui, lorsque tu la croises dans la vraie vie est assise sur sa chaise, ne bronche pas, n’ouvre pas la bouche, ne lève pas la tête, ne regarde pas les gens dans les yeux et se contente de sourire bêtement. Mais par contre, sur Facebook, Madaaaaame a une page où dans le temps elle a été connue pour un certain art qu’elle maitrisait. Aujourd’hui, elle est plus connue (et détestée) pour les scandales qu’elle déclenche à grands coups de posts « coup de gueule » contre tout ce qui n’est pas d’accord avec elle, appellent au passage les followers idiots à se lâcher sans trop réfléchir à ce qu’ils écrivent. Là, on se lache, on l’ouvre, on fait la grande… Etrangement dans la rue, ça semble moins l’ouvrir !

Mais ne vous laissez pas duper… Facebook applique une « censure » ou plutôt la censure qui l’arrange. On en a déjà tous fait les frais. Tu réalises une convention tattoo. Les photographes font des photos de ton événements, photos que tu vas poster sur Facebook (CQFD) puisque de toute façon tu es OBLIGÉ ce travailler sur ce média, les gens n’ayant leurs yeux rivés que là dessus. Et dans la foulée, tu vas poster la photo, parmi tant d’autres, d’un tatouage faits entre deux seins… Bah ouais, tendance oblige ! Sauf que tu auras oublié de flouter les tétons… DIS MINUTES PLUS TARD, ton compte est bloqué ! On te demande, pour le débloquer, de fournir une pièce d’identité, ta carte bancaire, un certificat de vie et moeurs vierge, ton ADN etc. T’imagines, les gens qui vont être choqués de voir un bout de téton !!!! Par contre, les vidéos de terroristes qui décapitent un soldat, on ne va pas les supprimer, non non… Ce n’est pas choquant ça, au pire, on y mettra un message d’avertissement, sans plus.

Sur Facebook, on affiche… On s’affiche ! On y étale toute notre richesse… Tout ce qu’on a acheté, tout ce qui porte à croire qu’on a un train de vie scandaleusement luxueux. On y poste des photos où on boit de l’alcool cher, où on consomme des produits de luxe, on poste nos grosses bagnoles, les bimbos sans papier qu’on se paye, des paquets de billets de banque parfois… Parce que rien n’est assez cher pour donner envie aux autres. Créer ce sentiment de supériorité traduisant qu’on n’est mieux qu’un autre, que ces autres en questions n’auront jamais assez de pognon pour se payer ce qu’on se paye. Dommage que Facebook ne montre pas les rappels de factures impayées et d’huissiers qui s’entassent. Dommage que Facebook ne traduisent pas ce sentiment de solitude le soir, lorsque les gens ferment la porte derrière eux et que personne ne les attends à l’intérieur.

Facebook, à l’image d’Internet est un « bel » outil… Un bel outil utilisé par un animal qui n’a de respect pour rien, ni personne, pas même envers lui. L’utilisation qu’on fait de ce média est juste ignoble, à l’image de ce que nous devons être à l’intérieur. Facebook est sans doute le média numéro un aujourd’hui et fait tout pour. Mais si Facebook a un tel succès, c’est de par son coté voyeur. Au lieu de regarder ce que les autres font, nous ferions mieux de balayer un peu devant notre porte… En tout cas, sur mon compte Facebook, vous ne verrez plus que des partages des actus de nos activités professionnelles, comme depuis l’ouverture de #thestormiscoming. Lorsque j’ai quelque chose à dire, c’est sur ce média que ça se passe. Lorsque je n’ai rien à dire, je me tais… Ma vie ne regarde que moi et les personnes qui en font partie… Et croyez-moi, ma vie est loin de compter 5.000 personnes, fort heureusement !

Scylla PIERCE

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