Coup de stress

Homme, make-up et virilité…

Le scénario n’est pas celui d’un film… Il pourrait certes être l’une de ses scènes, mais pas plus, tant ce scénario là, est digne de la vie de « tous les jours ». Une salle de bain, juste avant une soirée, le décor est planté… Valentin, la vingtaine, frais, sportif, stylé se prépare à la droite de Karen. Un grognement… Valentin fait une fixation sur un bouton disgracieux et ne voit plus que cela. « La soirée s’annonce mal… ». Quand soudain, Karen attrape un tube dans sa trousse à maquillage, l’ouvre et le propose à son mec. Le tube magique camouflera le temps de la soirée ce caprice de la peau de Valentin… Rendant celui-ci complètement addict à la solution miracle… Un monde de perspectives s’ouvre alors à travers le miroir de la salle de bain. Mais où ce monde doit-il s’arrêter ?

Les mecs et le maquillage… Dès le XVIe siècle et même avant, l’élite aristocratique avait recours à des fards qui permettaient de créer un masque, c’est-à-dire un nouveau visage et surtout de se donner une apparence noble par le blanc de céruse appliqué sur la peau. Avant la Révolution française, hommes et femmes se maquillaient, l’usage se référait en tant que marqueur social. La bourgeoisie prend le relais et rejette certains artifices qui ont trait à l’aristocratie, comme le maquillage masculin. A partir du milieu du XIX siècle, on prend soin de soi pour exister socialement, le terme « maquillage » est alors créé, en lien direct avec cette pratique. De nos jours, l’industrie du cosmétique ne s’est jamais si bien portée, notre société portant un soin tout particulier à travailler l’image qu’elle renvoie d’elle. Pourtant les gammes de cosmétiques masculines tentent désespérément de se faire une place sur le marché. La question est donc posée : un homme a-t-il le droit de se maquiller ?

Parallèlement à ce que l’histoire nous raconte, un autre marqueur fait référence : celui des réseaux sociaux. Avec l’explosion de médias comme Instagram, de nouveaux profils se sont illustrés dans leur « talent » ou leur « art », parmi ceux-ci les « make-up artists », des gens, garçons et filles, s’appliquant à  maquiller… Un ancien « métier de l’ombre » qui a trouvé une vocation dans la lumière. Un travail parfois tellement (trop) bien accompli qu’il a tendance à ne plus permettre de distinguer la sexualité du ou de la modèle. Mais jusque là, tout va… Là où l’exercice commence à compliquer la chose, du moins pour moi, c’est lorsqu’un mec arbore un maquillage faisant de ses traits ceux d’une femme, de façon poussée à l’extrême. J’ai donc posé la question tout autour de moi, pour savoir si j’étais le seul à trouver cela « choquant » ou si c’était moi qui étais resté bloqué quelque part dans un autre temps. Pour la plupart des réponses qui m’ont été apportées à la question « un mec peut-il se maquiller », l’esprit est ouvert et souhaite ne pas juger, chacun étant libre de son corps et d’en faire ce qu’il veut. Précisant d’ailleurs que s’il s’agit d’un maquillage correcteur, la pratique est plus qu’acceptable. Par contre, une fois abordée la question du maquillage extravagant des hommes, les avis sont mitigés : Si cela peut prêter à faire sourire ou rire, pour les esprits les plus ouverts, d’autres rejoignent mon avis, cela ayant avant tout l’effet de véhiculer une image fausse et souvent associée à la communauté gay. Si un certain pourcentage des homosexuels homme, sans en faire une généralité, ose passer le cap, reprenons tout de même que l’industrie des cosmétiques destinés à l’homme n’est pas fermée à une orientation sexuelle.

Pour pousser la rédaction de l’article, j’ai donc contacté Luca de Michele, Freelance hair & make up Artist basé au Grand-Duché de Luxembourg. Bien entendu, l’artiste qui a fait du maquillage sa vocation se porte, sans surprise, en faveur de l’homme moderne faisant du Make-up un ami au quotidien. Il m’explique que s’il doit maquiller un homme, il y a deux produits qu’il utilise de façon quasi systématique : des patchs qu’on place sous les yeux pour redynamiser les traits et enlever la « fatigue », ainsi qu’une crème pour amplifier le teint (comprenez « enlever la brillance » de la peau). Ces deux produits, même s’il apportent un réel résultat au bout de quelques minutes d’application ne « transforment pas les traits comme peuvent le faire un fond de teint ou un mascara. Luca précisant bien que le maquillage pour homme, lorsqu’il a essence, doit rester discret. Le maquillage pour homme ne rejoignant pas l’effet voulu de celui de la femme, celui-ci corrigeant plutôt que transformant le visage  et ses différentes parties dans ses formes ou ses couleurs.

Mais alors… QUID du maquillage permanent chez les hommes ? Si on sait le marché de maquillage « tatoué » chez la femme plus qu’en bonne santé, celle-ci ayant trouvé une réponse en matière de gain de temps dans cette nouvelle tendance, les techniques ne cessant d’évoluer pour être de plus en plus efficace, se rapprochant de nos jours de l’hyper-réalisme, qu’en est-il se son homologue masculin ? J’ai donc posé la question à Florence, la Directrice de la société Anna Dermo, spécialiste du maquillage permanent et société formatrice aux professionnels du secteur. « Il y a en effet un marché niche qui a tendance à se développer, mais avec parfois d’autres attentes que celles des femmes ». Florence m’explique donc que certains clients font appel à ses services pour corriger des « imperfections » du corps, sans le transformer : Une repigmentation d’une partie du cuir chevelu pour camoufler une calvitie ou une perte de cheveux, un bec de lièvre ou une cicatrice difficile à accepter qui disparait sous une repigmentation couleur chair, deux exemples parmi d’autres d’un but recherché à travers une technique de maquillage définitive et ici correctrice. Si la démarche se révèle être d’ordre esthétique, elle a essentiellement ici pour vocation de « réparer ». Une part de ce marché, un peu plus faible, est adressée de par une clientèle homosexuelle et ici a pour vocation de transformer pour « embellir » : maquillage des yeux, contour des lèvres. Si la demande existe, elle reste néanmoins relativement faible. Florence conclut par un point auquel je n’aurais pas spécialement pensé lors de la rédaction de cet article : la maquillage permanent chez la communauté transgenre (Un homme devenant femme par exemple). Là encore, on sait que les techniques sont de plus en plus précises avec un travail tellement bien fait qu’au bout du processus de changement de sexe, il n’y a parfois absolument plus lieu de distinguer ce que j’appellerai ici le « sexe d’origine »… Et tant mieux ! Même si ce point s’éloigne légèrement du sujet de l’article, il est ici intéressant de souligner que la demande et la réponse en matière de pratique du maquillage définitif existent. Une poitrine refaite va donc voir son téton retravaillé, par effet de trompe l’oeil hyper réaliste (un peu comme dans la pratique qui peut accompagner un travail de reconstruction mammaire dans le cadre d’un cancer du sein chez la femme), ou encore des traits du visage retravaillés, mais là on rejoint l’idée du maquillage permanent chez la femme.

Pour conclure, je vais avant tout rappeler que cette conclusion n’est avant tout que la mienne… Chacun, comme expliqué plus haut, étant libre de son corps et d’en faire ce qu’il veut… Les autres n’étant pas en droit de juger. Pour ma part, après les recherches, discussions ou demandes dans le cadre de la rédaction de cet article, m’auront légèrement fait changer d’avis à ce sujet. Ou plutôt, disons qu’elles auront eu pour effet de redéfinir mon avis. Car si un homme a envie de corriger des imperfections, ma foi, pourquoi pas ? Cela ne regarde que lui… Par contre, si le maquillage de l’homme porté par l’homme en devient trop « visible » ou « extrême », il y a lieu de s’interroger. Mais, comme a su si habilement le souligner Vanessa, interrogée lors de mes recherches, le constat est le même chez le femme : si celle-ci est aussi maquillée qu’un camion volé prêt à être refourgué de l’autre coté de la planète, n’est-ce pas là la fameuse limite à ne pas franchir ? La question nous rapportant finalement à celle du « bon » et du « mauvais » goût. Et en la matière, chacun d’entre nous saura trouver « sa » réponse. Quoi qu’il en soit, l’essentiel n’est-il pas, finalement, de vivre heureux ?

Scylla…
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