Coup de stress

J’en ai marre !

Quitte à en arriver à me battre contre moi-même et me bousculer au passage, cette fois, qu’à cela ne tienne, pas de petits points pour clôturer un titre. Pas besoin de belles images, de jolis emballages et de belles présentations pour mettre les mots là où ça fait mal. Parce qu’il n’y a qu’une chose que j’ai envie d’écrire : j’en ai marre !

J’en ai marre de tout et de rien… D’être enfermé depuis plus d’un an et de ne plus voir le monde tourner. Confinés… Déconfinés… Reconfinés… Redéconfinés… Re-Des-Cons-Finis aussi. Parce que c’est bien pour ça qu’on nous prend au final. « Non, non, Scylla, tu ne peux pas travailler… Tu ne peux pas gagner ta vie… Ou celle de tes employés… Pas d’événements, tu comprends, il y a les risques sanitaires, les gens qui ne les respectent pas et puis tu sais, la santé c’est quand même plus important. Et puis… ». STOP… Et puis « ta gueule » ! Les centres commerciaux et les grandes surfaces sont remplis, pour ne pas écrire « noirs de monde ». Personne dans ces endroits ne respecte les distances censées nous garantir une « sécurité » qui n’a de sens que ce que l’on veut bien nous en dire. J’en ai marre d’entendre depuis un an qu’il faut se réinventer. Parce que c’est devenu la belle phrase tendance qu’il est bon de sortir à toute occasion… Un peu parce que c’est aussi le point qu’on place au bout de la phrase lorsqu’on n’a finalement pas trop envie de s’y attarder. Quand mon boulot, connard, c’est d’organiser des événements grand public, des moments de partage entre les gens, des personnes comme toi et moi, qui ont besoin d’interaction entre eux, comment veux-tu que je me réinvente ?! Lorsque toi tu fais régner la terreur, moi j’apporte le réconfort qui permet de déconnecter, de décompresser, de penser à autre chose. Forcé de croire que jaloux, tu en as eu marre à ton tour, m’obligeant à m’enfermer, comme tu le fais avec eux aussi. Un mouton qui vit dans la crainte est sans doute plus obéissant ?!

J’en ai marre de tout et de rien… De ces codes et des gens tout aussi stupides qui les mettent en place pour vous, pour moi, sans même me demander mon avis. Rien à foutre que tu sois instagrammable… Qu’ils aillent  faire ceci ou cela… Qu’on se reconnaisse maintenant dans les chiffres qu’on achète et qui se paient à coup de manque de crédibilité. Rien a foutre de gagner ou de perdre des abonnés si je ne clashe pas régulièrement des gens en story, parce que ce public là ne m’intéresse pas. Si j’avais voulu faire de la télé-réalité, je l’aurais faite ! Quand est-ce que les gens vont enfin comprendre que les réseaux sociaux ne sont que ce qu’ils sont : des plateformes mal utilisées qui n’existent pas plus que les gens qui y vivent du matin au soir, lorsque je décide d’éteindre mon putain de portable ?! JAMAIS je n’ai eu envie d’en faire ma vie… Partant de ce principe, si toi tu as envie de le faire, arrête de me casser les couilles et mène ta grande vie loin de moi, en arrêtant de regarder ce que je fais et de croire, psycho-nombrilisme oblige, que tout ce que je fais ne tourne qu’autour de toi. Tu n’existes pas !!! Marre de devoir me justifier, de devoir peser les mots, de les peindre en rose parce que le rose est plus « tendance ». Je déteste le rose, Chez moi tout est NOIR ou BLANC et si ça ne te plaît pas, retourne- toi !

J’en ai marre de tout et de rien… De ce Spleen qui se réinstalle et parasite mes envies de création. A force d’être enfermé et de ne plus pouvoir me découvrir, tu m’étonnes qu’il soit parvenu à ramener sa fraise dans ma vie. Du coup, monsieur s’est installé à nouveau et me prive de toute motivation, de toute envie, de toute lumière. Je m’assieds là dans mon canapé, avec ce putain de syndrome de la page blanche et une flemme absolue qui rigole bien d’être parvenue à prendre le dessus sur moi. Plus d’envois, plus de couleurs, plus de saveurs, plus de sens. Je reste là stoïque à ne pas trouver à quoi je peux encore bien servir. Je ne trouve plus aucun écho et me vautre dans l’indifférence totale, n’ayant plus goût à rien. Je divague, repousse au lendemain et avorte mes idées… A quoi bon, de toute manière ! Parce que le Spleen, c’est cette mélancolie aveugle, qui recouvre tout sur son passage et vous enfonce la tête dans l’asphyxie. Même mourir ne vous donne plus envie…

J’en ai marre de tout et de rien… De toujours devoir avoir recours à la justification. NON, je n’invente pas une vie parfaite… J’ai décidé que le monde était déjà bien assez sombre, les réseaux sociaux bien assez violents, pour qu’ils n’aient pas besoin de moi pour les rendre encore plus infernaux. Sur mon blog, je véhicule des ondes, de belles ondes, sauf aujourd’hui où j’ouvre ma gueule contre ce monde qui tourne à l’envers et qui s’en plaint à qui veux-tu ! Mes articles sont des battements de cœurs, MES battements de cœurs et ceux de qui veut y trouver une résonance. Pas besoin de mises en scènes, de parler du ciel gris, ou de ce que je n’aime pas. Lorsque je n’aime pas la langue de bœuf, je n’en mange tout simplement pas. Pas besoin pour moi de devoir frotter la lame d’un couteau contre les veines de mes poignets pour me rendre intéressant. Si les gens qui viennent lire mes pages avaient envie de rendre leur vie un peu plus terne, ils laisseraient leur télévision allumée !Dès lors, si tu ne comprends pas que je n’ai pas envie de me plaindre constamment que ma vie ressemble à la tienne, arrête de me prêter des intentions qui ne sont pas les miennes et viens vivre mes galères à ma place. Je suis un être humain, qui comme tout un chacun a besoin de pouvoir s’évader. Mon blog est une des solutions que j’ai trouvées en réponse aux ombres… Si tu ne l’as pas compris, apprends à lire entre les lignes.

J’en ai marre de tout, plus que de rien… De toujours vivre avec cette boule au ventre. L’un menant à l’autre, je me lève le matin en me demandant ce qui va bien pouvoir se passer aujourd’hui ! Quelle mauvaise nouvelle viendra frapper, tel un corbeau, à ma porte? « Aujourd’hui sera-t-il la fin ? », voilà la pensée qui est mienne lorsque j’ouvre les yeux, si tant est que j’ai pu dormir quelques heures. J’ai l’impression qu’une souris tourne dans sa roue tout au fond de ma tête, c’est infernal… Et je ne sais plus à quel saint me vouer. « Il faut rester positif »… Oui, j’ai la chance de vivre dans un cadre idyllique, j’en ai conscience. Mais comment rester serein d’esprit quand on a conscience du fait que tout cela peut disparaître du jour au lendemain ? Que je dois rester là, un parmi tant d’autres, obligés de regarder la tour s’effondrer, sans même pouvoir bouger ! Que les gens ne comprennent pas, parce que leur petite vie à eux continue à faire semblant de tourner, là où la mienne comme dans le temps semble s’être figée. Je n’ai même plus la force de pleurer…

Un titre se termine par trois petits points parce qu’il sous-entend que le reste arrive. Ma signature, quant à elle, fait pareil parce que quelque chose d’autre arrive. J’en ai marre… Mais quelque chose arrivera… Ou pas !

Scylla…

P.S. : J’en ai marre aussi d’en avoir marre…

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