Coup de stress

Le droit… De se taire ?

On nous parle d’amour et de paix… C’est du moins la chanson qu’on chante, lorsqu’on parle des religions. Des louanges à un monde meilleur, où tout le monde se tiendrait par la main, où le pardon serait accordé facilement à son prochain… et bla-bla-bla… Sauf que bien souvent, la réalité (la vraie) nous ramène sur le chemin qu’empruntent réellement les moutons aveugles et autre grenouilles de bénitiers, avec une extrême violence qui fait parfois froid dans le dos. Dernier fait en date, il y a quelques jours, avec une ado qui s’exprime, avec son « franc-parlé » pour ensuite se faire insulter et se voir menacer de mort. Et la liberté d’expression dans tout ça ?

Si au départ, faute de temps et d’envie, face à un monde de plus en plus profondément ancré dans la bêtise, je n’avais pas décidé de réagir à cette actu, c’est en observant la réponse des politiques que déjà sensibilisé à la cause, mon sang a commencé à bouillonner. Rappelons les faits : Il y a quelques jours, le samedi 19 janvier 2020, Mila, une ado un peu comme tous les autres fait un « live » avec ses followers sur Instagram. Un mec qu’elle juge un peu trop « chaud » à son goût se fait remettre en place. Très rapidement les insultes s’installent dans la conversation, donnant au jeune public ce qu’il aime par dessus tout : un clash bien violent, comme il les aime, à grands coup d’insultes homophobes et misogynes : « sale française », « sale blanche », « sale gouine ». Et la jeune fille s’exprime, morceaux choisis : « je déteste la religion, le Coran est une religion de haine. Y a que d’la merde là dedans, l’Islam c’est de la merde », « votre Dieu je lui mets un doigt dans le cul ». 

Si les faits s’arrêtaient là, vous me direz… Rien de nouveau sur la sphère des réseaux sociaux, que du contraire même ! Sauf que la violence, ici, passe un cap avec lequel elle s’était contentée de flirter jusqu’à maintenant. Car très rapidement, la vidéo est relayée, partagée, s’ensuivent d’autres insultes, des menaces de mort, de viol et j’en passe. A se demander dans quel monde nous vivons. Si cela fait bien longtemps que la violence à été plus que banalisée sur nos écrans (on ne compte plus les vidéos de torture animale, de décapitation dans certains pays, qui circulent librement sur les médias tels que Facebook), on observe de plus en plus que ce qu’on appelle le cyber-harcèlement est devenu plus qu’une « habitude » presque  quotidienne. En effet, qui parmi vous n’a pas encore déjà vu une greluche qui passe sa vie à publier des photos d’elle à moitié nue, publiant ensuite des captures d’écran où elle « remet en place » un mec un peu trop inconvenant qui l’allume en message privé ? Qui n’a pas encore observé ce tatoueur « outré » parce qu’un autre artiste (ou pas) lui a « volé » son travail, affichant là encore les captures d’écran de la conversation où il insulte ce deuxième tatoueur ? Mieux… Qui n’a pas encore fait les frais d’une conversation relayée, là encore via capture d’écran sur les réseaux sociaux, où un abruti déforme vos propos, sortis de leur contexte pour les retourner contre vous ? On connaît tous cela… Si au départ la pratique plaçait encore une certaine forme de « censure » le nom et la photo de la personne visée étant floutés ou cachés (tant bien que mal), on observe de plus en plus que l’identité de la personne ciblée est affichée librement, en toute décomplexité. Pire… Ces derniers jours, des captures d’écran de conversations « pédophiles » avec des enfants circulent sur la toile… Des conversation choquantes, qui vont loin et qui, si elles s’avéraient réelles, prouveraint plus que de réalité la véritable nature de ses auteurs. Sauf que voilà… Il a été démontré, suite à l’une de ces vidéos, qu’une de celles-ci n’était un sinistre montage, création de faux profil avec le nom et la photo de personne identifiées qui étaient réellement innocentes, adresses IP pour preuves (entre autres) à l’appui. Bien entendu, il est à noter que ces « remises en place » de la vérité se font dans un silence beaucoup plus profond que les vidéos incendiaires qui, dans ce cas-ci, peuvent aller jusqu’à détruire des vies.

Mila, la jeune étudiante menacée de mort suite à ses propos…

Pour le cas qui nous concerne ici, la violence et le cyber-harcèlement pousseront le lycée de la jeune adolescente et les autorités à la déscolariser, momentanément, pour « sa propre sécurité ». La presse s’empare donc de l’enfer vécu par la jeune fille, les politiciens aussi, mais pas tous ! Car si c’est clairement la liberté d’expression qui est ici attaquée, on sait que celle-ci a été pendant très longtemps le territoire sacré des politiques de gauche, là où la droite se voulait beaucoup fervente d’une muselière placée pour faire taire ce qu’il n’était pas « bon à entendre ». Mais là… Silence radio des premiers concernés. La droite et l’extrême droite s’expriment, défendant Mila. Et par la suite, si une petite poignée d’élus de gauche s’exprimeront c’est avec une maladresse n’aveuglant personne, prétextant le silence par une « non volonté » de remettre de l’huile sur le feu. Les associations LGBT et des droits de l’homme ? Là encore une fois « silence radio », aucune d’entre elles ne s’est exprimée. Par contre, certains représentants des religions. 

La Justice française, elle, a ouvert deux enquêtes comme l’a rappelé Christophe Castaner, Ministre de l’intérieur : « Il y a deux enquêtes ouvertes… La première est liée aux menaces de mort qu’elle a reçues. Et la seconde pour provocation de la haine raciale ». J’ai bien entendu « une seconde pour provocation à la haine » ??? Parce qu’elle a dit qu’elle n’était pas en accord avec la religion ? La Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, s’est elle aussi exprimée : « la menace de mort est inacceptable » pour ensuite s’entacher d’une « l’insulte à la religion c’est une atteinte à la liberté de conscience » ?!? La « liberté de conscience » ???? On m’explique ? D’autres se sont exprimés, avec parfois des termes plus que terrifiants dans l’idée d’une démocratie, parlant de liberté d’expression qu’il vaudrait mieux taire dans le contexte actuel de religions qui prennent de plus en plus de place ». Et puis quoi encore ?

Si mon petit frère me parle de son ami imaginaire, je vais rire, tout le monde va rire avec moi… C’est logique. Si ma grand-mère parle d’esprits et de sorcellerie, je vais rire, tout monde va rire avec moi, là encore une fois, tout est normal. Quand l’illuminé du village va parler d’extra-terestres, je vais à nouveau rire et à nouveau tout le monde rira avec moi. Mais lorsque je vais rire des moutons qui croient aveuglement ce qu’un simple livre raconte, sans aucune preuve d’une quelconque existence réelle d’un soi-disant Dieu, le ramenant à une existence aussi réelle que celle d’un ami imaginaire, il s’agit d’une « offense à la religion », me reliant moi au rang de « coupable » ou de « terroriste » qu’il est en droit de « menacer de mort » ?!? Parce qu’en gros, c’est tout bonnement de cela qu’il s’agit ici : une gamine s’exprime, avec ses mots certes, les mots d’une génération qui ne connaît que violence et provocation, et qui dit qu’elle se fiche des religions. Et c’est son droit !!! Sa façon de s’exprimer dans sa story est fidèle à ce qu’elle est et n’est finalement pas plus « déplacée » que l’avis que j’exprime tout aussi librement dans mes articles lorsque j’écris que je n’accorde aucun  putain de crédit aux religions !

Donc… On nous parle d’amour et de paix… C’est du moins la belle chanson qu’on nous chante pour nous amener a rejoindre le vert pâturage des religions. Et lorsqu’un avis exprime, relate des faits tels que ce constat que la plupart des guerres sur ce monde ont été menées par et pour les religions, on nous répond qu’il s’agissait là de guerres de peuples d’un « autre temps ». Mais non… Preuve en est faite encore ici, à travers un simple fait d’actualité, à travers les mots d’une simple adolescente, avec tout ce qu’on leur connaît de maladresse et de spontanéité, qu’une troisième guerre mondiale pourrait encore, de nos jours, éclater pour une religion ! Ce constat est triste… On nous parle de civilisation, on nous parle de liberté d’expression, de libertés tout court. Et si « croire » est un droit libre à chacun, il semblerait que « se taire » s’installe dans notre quotidien tel un réel « devoir » ! Lorsque l’affaire a éclaté, j’ai été interpellé par le sujet, mais je n’y ai pas accordé plus de crédit, partant du principe qu’il s’agit d’une simple ado qui s’exprime comme une ado. Ce sont  les suites données à l’affaire qui m’ont fait réagir, qui m’ont donné envie d’écrire cet article… Car il s’agit ici, encore une fois, de la preuve faite sur le fait qu’on nous enlève petit à petit ce droit sacré qu’est la libre expression. Ce droit de pouvoir dire « non », ou « je ne suis pas d’accord », y compris face à une religion ou ceux qui ont choisi de la suivre aveuglement. Nos ancêtres se sont battus, pour nous permettre ces droits. Et nous, on laisse ces droits se faire attaquer, pire, nous autorisons sans nous rendre compte que petit à petit ces droits nous soient tout bonnement enlevés. En Europe on pointe du doigt, fier d’être ce que nous sommes, des dirigeants de pays comme les Etats-Unis, la Chine ou la Russie. Mais en fait, à mieux y regarder, nos politiques à nous, que font-elles de différent, cachés derrières leur belle hypocrisie ?

Lisez-moi… Tant qu’il en est encore temps, on se sait pas de quoi demain est fait. Allez savoir si demain, on ne me demandera pas à moi aussi de me taire !

Scylla…

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