Coup de chaleur

Le polyamour ou l’amour au pluriel…

Triangle amoureux… Ménage à trois… Le trouple, comprenez le « couple à trois » s’est vu au fur et à mesure des années sortir de l’ombre, décomplexé et impudique qu’il était devenu. Si cette relation qui semble encore prêter aux blagues bien lourdes ou aux interrogations suspicieuses, puisqu’elle se veut encore relativement rare, repose sur une complexité profonde, ainsi qu’une confiance et une grande écoute. 

Si l’amour se conjugue pour la plupart du temps « à deux », il est toutefois bon de rappeler qu’il s’agit surtout là d’une norme imposée par les religions occidentales, prônant la fidélité… Au même titre qu’elles imposent la soumission de la femme. Avec les années, la liberté des mœurs et une ouverture d’esprit invitant à la curiosité, l’idée des Trouples, un couple composé de trois personnes, a fait son apparition au grand jour, là où elle avait tendance à être cachée, ne correspondant pas à l’idée que la marge se faisait des belles relations politiquement correctes. Ainsi, il n’était pas rare de voir Monsieur aller se soulager sur les aires de repos d’autoroute, une fois la nuit tombée, prétextant les heures supps, pendant que bobonne préparait le repas et s’occupait des enfants. Et s’il n’était question que de relations homosexuelles, nous savons tous et toutes l’idée ou de « double-emploi » de la belle secrétaire qui ne faisait pas que de la dactylo. 


C’est ainsi que la célèbre philosophe Simone de Beauvoir et son mari Jean-Paul Sartre ont vécu chacun de leur côté des relations avec d’autres femmes et hommes. Leur seule exigence ? Ne pas se mentir ou dissimuler quoi ce soit sur leurs histoires d’amour extra-conjugales. Bien que le sujet de cet article traite d’une relation amoureuse entre trois personnes, il n’est toutefois pas rare de constater que ces relations donnent, permettent, à ses membres de s’adonner aux plaisirs de la chair, avec d’autres êtres, sans pour autant consommer la choses ensemble… La complicité ici installée permettant une  confiance assez forte pour ne pas s’inquiéter d’une rencontre un peu trop envahissante ou dangereuse. Car s’il est question de plaisir, il est aussi question de non-appartenance, rendant à l’être humain toute sa liberté, loin des belles conventions imposant la fermeture des portes et autres ceintures de chasteté… Et pourquoi pas finalement ? Chacun vivrait la relation comme il le souhaite, partageant ou non avec les deux autres personnes dont il est amoureux la vie commune. Dans notre société actuelle, les amours plurielles se développent de plus en plus, même si certaines idées reçues leur donnent encore la vie dure.


Pour bien comprendre  ce que nous pouvons définir comme « Polyamour », il faut savoir différencier ce type d’amour partagé des pratiques polygames, qui elles ne sont pas toujours consenties. D’ailleurs, il est bon de souligner ici que ces dernières sont formellement interdites et punies par la plupart des lois en Europe. Une personne est considérée comme polygame lorsqu’elle contracte un ou plusieurs mariages, sans avoir annulé le premier. Le mot polygamie regroupe donc deux autres termes : la polyandrie (une femme ayant plusieurs maris) et la polygynie (un homme ayant plusieurs épouses). Un concept totalement différent du polyamour qui correspond au « fait d’avoir simultanément des relations amoureuses étroites avec deux ou plusieurs autres personnes. Le polyamour est considéré comme une alternative à la monogamie, en particulier en ce qui concerne les questions de fidélité sexuelle ». La personne s’engage dans des relations amoureuses multiples avec le consentement de tous les partenaires concernés défini.


Sur le papier, l’idée du trouple semble plutôt sexy et érotique à souhait… Dans la réalité, la vraie, c’est surtout l’idée d’une grande écoute qui s’opère, sans oublier celle de la confiance et l’honnêteté qu’il faudrait savoir insuffler au trouble, plaçant chacun de ses membres sur un même pied d’égalité, le contraire ayant pour effet de former un noyau dur qui aurait avant toute chose pour effet d’isoler le troisième membre. Les belles théories une fois en place, il faudra ensuite épouser l’idée du lâcher-prise, permettant à l’autre de s’envoler pour prendre son plaisir, mais aussi des moments d’échanges complices avec d’autres, nécessaires au sein du trouble pour que chacun trouve sa place et se fasse entendre. Autre préconisation : ne pas garder des scores. Dans certains troubles, l’idée de la jalousie peut rapidement reprendre le dessus, si vos deux conjoint(es) passent un peu plus de temps ensemble. Pour essayer d’arranger la situation. Enfin, pour terminer, l’équilibre sera de mise… Ou du moins sa quête. Car en cas de dispute entre deux des membres du trouble, le troisième sera souvent pris pour juge, là où sa place le/la voudra dans la neutralité absolue, histoire de ne pas « prendre parti ».


S’il n’est finalement pas courant de pouvoir observer les trouples vivre au quotidien, il n’en est pas moins là l’idée d’une liberté propre à chacun d’entre nous… Et finalement, où est-il inscrit qu’un couple ne doit se conjuguer que deux ? Car si un tel mode d’emploi venait à exister, il faudrait peut-être, avant de s’interroger sur le fait du « comment l’amour se consomme », s’interroger sur le fait de déjà savoir le consommer à long terme à deux. Et puisqu’il s’agit ici avant tout d’amour, rappelons-le, chacun n’est-il pas en droit d’être heureux, tant que cela se consomme avec respect et consentement de l’autre ? Peut-être y a-t-il là un bel exemple à montrer afin que la terre tourne un peu plus rond ?


Scylla…

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