Coup de move

Ode aux mensonges électriques…

Parmi la multitude de belles œuvres fruit du travail de grand talent du classique Corneille, « Le menteur » parle mieux que jamais de notre société. La comédienne / menteuse en scène Julia Vidit s’approprie durant deux jours les planches du Escher Theater pour nous proposer sa version de la pièce, mêlant époque et univers.

Le menteur, comédie baroque, déversant ses vers au fil des minutes sur les planches du monde, met en scène, pour personnage principal, un jeune étudiant débarquant de sa province à Paris, la capitale française. En tête, un seul objectif : conquérir le monde et le cœur des femmes qui le peuplent. A l’image de beaucoup d’autres hommes de notre temps, celui-ci s’avère beau parleur, beaucoup plus tchatcheur qu’hypocrite… Et si l’on peut supposer son histoire d’amour naissant pour la jeune Clarisse tout à fait sincère, la situation va se retourner contre lui, à travers ses mensonges. Viendront ensuite s’enchevêtrer dans ce scénario biscornu, différentes thématiques qui vont fleurir parmi Corneille, Molière et Marivaux : le pouvoir conféré par la position sociale, l’argent, les amours contraintes et la tentation facile du mensonge. On y retrouvera bien entendu, pour appuyer la profondeur de la pièce, quelques figures théâtrales typiques, dont celle, toujours comique, du Matamore, et même un passage parodie du Cid.

Avec un texte légèrement retouché, histoire de l’adapter à l’ère du temps, la menteuse en scène ayant fait ses classes de comédienne au Conservatoire, Julia Vidit, rompt le temps d’une mise en scène moderne et électriquement rythmée avec le côté trop sage du théâtre hexagonal. Loin du grand classicisme, cette pièce et se remet au goût du jour, avec des costumes contemporains où les hommes portent des baskets et des peignoirs de boxeurs, quand les femmes, elles, troquent leurs longues tenues lourdes du poids de leurs souffrances, contre les robes à frou-frou fluorescentes sorties tout droit des années 80. Côté décor, la scène dévoile un jeu de douze miroirs imposants, évoluant aux besoins de la mise en scène et renvoyant au spectateur de nos jours, le parfait reflet de la société qu’ils composent, ne jurant plus que par l’image. En outre, une atmosphère particulière s’installera dès le tomber de rideau, la langue de Molière imposant une certaine distance avec la réalité. Une pièce à ne pas manquer…  

Scylla…

LIENS :

LE MENTEUR

Escher Theater

Jeudi 21 janvier 2021- 20:00

vendredi 22 janvier 2021 – 20:00

120 Rue de l’Alzette

L-4010 Esch-sur-Alzette

Tarifs : Catégorie 1 : 20€ / Catégorie 2 : 16€

Website : www.theatre.esch.lu

Tél : +352 2754 -5010 ou -5020

E-mail : reservation.theatre@villeesch.lu

Durée : 1h55

Langue : Français

Casting : Joris Avodo, Aurore Déon ou Clarisse Lohni-Botte, Adil Laboudi, Nolwenn Le Du, Barthélémy Meridjen, Lisa Pajon, Karine Pédurand, Jacques Pieiller

Mise en scène : Julia Vidit

Dramaturgie et écriture : Guillaume Cayet

Scénographie : Thibaut Fack

Lumière : Nathalie Perrier

Son : Bernard Valléry, Martin Poncet

Costumes : Valérie Ranchoux

Maquillage, perruques : Catherine Saint-Sever

Production : Java Vérité

Coproduction : La Manufacture – CDN de Nancy- Lorraine, ACB – Scène Nationale de Bar-le-Duc, Théâtre Firmin Gémier / La Piscine – Pôle National du Cirque d’Antony, Le Carreau- Scène nationale de Forbach et de l’Est Mosellan, Les Théâtres (Aix-en-Provence), MC2: Grenoble, Théâtre Jacques Prévert – Aulnay- sous-Bois, Le Théâtre de Rungis.

 

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