Coup de foudre

Souviens-toi de l’émoi…

On dit souvent qu’il n’y a pas de hasard… Mais juste des invitations. Une des dernières de celles-ci, placées comme ça sur mon chemin, était celle d’une histoire qui à travers quelques mots aura pu m’émouvoir, tant dans ce qu’elle racontait, que dans l’émotion dont était habitée et que véhiculait la personne en face de moi. Presqu’inévitablement donc, l’envie de poser les mots sur cette émotion, à travers un article #thestormiscoming me titillait… Et si j’ai souvent l’envie de vous présenter des artistes tatoueurs pour et par leur talent, cette histoire-ci se fera empreinte de beaucoup d’émotions.

Si cette histoire-ci devait se raconter sur grand écran, le scénario se dessinerait sur un lieu que vous connaissez tous, du moins pour ceux qui me suivent dans une de mes autres activités : l’organisation des tattoo convention au Luxembourg. Ainsi donc, l’artiste dont je vais vous parler, de son nom d’empreint « Tazmaya », se retrouverait en face du Luxexpo The Box, prête à venir installer le stand qu’elle occuperait durant trois jours de convention… Mais pour l’instant, arrêt sur image, la scène est figée dans l’émotion, les larmes lui montent aux yeux. Elle était là, à nouveau… Pour la première fois en tant que professionnelle, certes, mais pas en tant que femme, pas en tant que personne dont le cœur bat et vibre au rythme de l’émotion dont la vie nous inonde. A cet instant, mine de rien, l’esprit vagabonde et se souvient…

Déjà durant son enfance, Tazmaya avait trouvé une sorte de refuge dans le dessin. Pas comme une passion, pas comme un loisir, ni comme une obligation, mais plutôt comme l’exutoire que l’on peut aisément trouver dans un réel mode d’expression. Le temps passe, l’enfant grandit et rejoint le très célèbre Cours Florent à Paris, pour y faire ses études… Malheureusement, la sombre actualité qui aura frappé il y a quelques années la capitale française, la traumatise et la force à regagner sa patrie. Perdue, la jeune fille se cherche, hésite, scrute… Mais continue de dessiner. Jusqu’au jour où, alors même que l’idée ne lui avait jamais traversé l’esprit, un de ses amis formule la phrase magique « Et pourquoi pas tatoueuse ? »… Un peu comme dans les dessins animés, ou les bande-dessinées, l’ampoule apparait et brille de la même lueur que les étoiles qui pétillent toujours tout au fond des grands yeux de l’artiste. Mais où ? Et comment ? Il est vrai que ce milieu, n’étant finalement pas le plus ouvert du monde, communique relativement peu sur le « comment le rejoindre ». Déterminée, elle se renseigne et finit par intégrer une école de tatouage (si si ça existe) en Lorraine pour y étudier le dessin académique, l’histoire de l’art, ainsi que d’autres disciplines… Elle se questionne sur le monde, sur elle-même et apprend à tatouer durant trois années, aux côtés de professionnels.

A 22 ans, une fois le diplôme en poche, la question se pose… « Dois-je travailler pour quelqu’un ou dois-je risquer de me lancer seule ? ». Forte de caractère, la jeune fille sait déjà ce qu’elle veut et n’aime guère recevoir des ordres. « j’aime mener ma propre barque et n’en vouloir qu’à moi-même lorsque je me plante » me raconte-t-elle lors de notre échange. «  Je ne sais pas si c’était audacieux ou suicidaire, mais j’ai décidé à cet instant de lancer mon propre shop ». Elle qui ne connaît pas vraiment le monde du tatouage, s’interroge et se questionne… Au même titre finalement que tout entrepreneur qui se lance pour la première fois seul. Mais ici, le milieu dans lequel elle va devoir s’immerger, peut se révéler avoir une réputation assez sulfureuse, parfois fermée ou machiste. Parallèlement, elle se confronte à la réalité, la vraie : celle de la comptabilité, de la communication, de la concurrence… Mais toujours déterminée elle fonce et se noie dans le travail, histoire de dompter ses craintes et l’avenir. Du lundi au dimanche donc, l’artiste s’acharne et donne tout ce qu’elle a, avec cette chance d’avoir son papa comme bonne étoile qui la soutenait, lui ayant promis de rester là, pour subvenir à ses moyens, en cas de difficulté durant la première année. Le challenge était posé… Le 1er octobre dernier, Tazmaya fêtait, avec beaucoup de plaisir et d’épanouissement, les deux ans d’existence de son propre studio… Aujourd’hui, la jeune femme devenue femme à part entière est fière du résultat apporté par son travail et sa détermination. Fière aussi de pouvoir vivre de sa passion… Mais toujours en gardant les pieds sur terre, l’humilité étant la clé de tout. Et elle se souvient donc…

Elle se souvient de cette première fois où elle a été contactée pour participer, en tant qu’exposante, à l’une de nos conventions… Elle qui regardait alors depuis quelques années ces rassemblements comme étant le temple des grands, de ces géants du métier qu’elle admirait tant et regardait comme on regarde le ciel, avec tout ce qu’on peut y mettre des rêves qu’on a en tête. Cette convention à laquelle elle avait déjà participé en tant que visiteuse, la contactait aujourd’hui pour jouer un rôle dans cet événement. Elle s’était donc immédiatement dirigée vers son téléphone, histoire d’appeler sa maman, elle qui était à la base tellement réticente face à ce métier et son milieu… Cette convention même où elle avait emmené sa mère pour la toute première fois, sans doute un peu pour la rassurer, et sur laquelle elles avaient tellement ri, face à la curiosité et la fascination de la mère de famille confrontée à cette réalité dont elle ne savait rien. Tout un symbole donc pour la jeune femme…

Cette histoire- là semblera sans doute banale pour un cœur qui a perdu l’essence et qui ne vibre plus… Cette histoire là, quant à moi, elle m’a touché parce qu’au delà de toute ce qu’elle peut représenter dans sa beauté, son innocence ou la fierté du travail bien fait, est porteuse d’un beau message d’espoir : « oui, il existe encore quelque chose de beau et de pur dans le cœur des hommes ». Une toute petite histoire perdue dans l’immensité du monde, qui de sa simple existence balaie tout le coté noir auquel mes équipes et moi sommes souvent confrontés : égos démesurés, perte de raison, égoïsme… etc. Et si ce message rebooste et rassure, il était important pour moi, à mon tour, de vous conter cette histoire… ne fut-ce que pour l’encouragement que j’ai envie et que j’aurai toujours envie d’apporter aux gens qui ont des rêves et qui se battent à grands coups de cœurs pour voir un jour leurs rêves se réaliser !

Bravo donc à Tazmaya… Vous pouvez, comme d’habitude, découvrir son travail grâce aux infos reprises en bas de page de cet article. Allez-y, franchement, le talent au delà de la personne humaine que je vous ai ici présentée, vaut largement la peine que vous vous donnerez à la découvrir.

Scylla…
LIENS :

TAZMAYA

75 Rue Saint-André
F-57950 Montigny-lès-Metz
Tél : +33 7 84 08 03 38
SUIVEZ-LA
Instagram : @_tazmaya_

 

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