Autre contrariété

Suis-je toujours… Libre ?

De nos jours, on nous dit ce qu’on doit manger, ne pas manger… Penser et ne pas penser… Dire ou ne pas dire… Faire et ne pas faire ! Il ne faut pas consommer de plastique, parce qu’il faut sauver la planète. Il ne faut pas manger de viande parce que c’est mauvais pour la planète et pour notre corps. Mais à peine la page tournée, on nous balance que la viande c’est bien pour la santé ! De nos jours, le matin, les princesses font des tutos sur leur chaîne YouTube, racontant au monde comment il doit se maquiller… Y compris nous les hommes, parce que le make-up c’est la liiiife ! L’après-midi elles partent sauver le monde, à grands coups de commentaires Facebook, le cul bien au chaud sur leur canapé. Parce que « oui », en 2019, le monde se sauve depuis les réseaux sociaux, le cul bien au chaud assis sur son canapé ! Et moi là dedans ?

Il y a quelques jours encore, lors de mes regrettées vacances, qui me manquent profondément depuis la seconde où je suis rentré dans la voiture en direction du Luxembourg, je me suis fait une réflexion… Nous ne sommes plus libres ! Parce que oui, en tant qu’être humain imparfait, voulant complètement déconnecter et profiter des vacances, je me suis retrouvé à zoner sur les réseaux sociaux (je sais, c’est mal…). J’ai aussi observé les médias… On m’a donc raconté que le monde allait mal, qu’il allait bientôt s’éteindre si nous ne décidions pas de changer nos comportements, notre façon d’agir, de consommer. A grand coup d’une volonté de culpabilité absolue, on m’a montré une gamine, au discours bien rodé… Le discours trop parfait pour être vrai, rendant la gamine insupportable, mais ça on ne le dira pas, ce n’est pas de bon ton. Un discours dont on ne nous vantera pas l’arrière du décor, trop marketing et issu d’un business bien rentable, mais ça personne ne le verra. C’est tellement plus facile de verser une larme pour ensuite retourner à sa petite vie égoïste.

Maintenant au courant que le monde allait exploser d’ici peu, j’ai continué à observer… Ou plutôt à écouter ! Parce que des choses, on m’en a racontées… On m’a parlé de nourriture, des vérités et contré-vérités, tellement sur-vérifiées par tout un tas « d’experts », qu’elles ne peuvent qu’être vraies. On m’a dit que je devais arrêter de manger de la viande, parce que ce n’était pas bon pour la survie des animaux et de la planète. J’ai lu dans les commentaires que certains, pas d’accord, étaient des irresponsables, des idiots, des psychopathes… Voire pire ! Des gens jugés comme parias parce qu’ils n’étaient pas en accord avec l’article et le faisaient savoir. Jugés parce qu’assez stupides pour oser remettre la parole d’experts en cause… Pourtant, le lendemain, d’autres « experts » mettaient en avant les mérites de la viande, nous expliquant que nous devions impérativement continuer à en manger… Que mon équilibre, ma vie et celle de la planète en dépendaient.

On m’a parlé de plastique aussi. M’expliquant que la paille que j’utilisais, pour boire mon cocktail, polluait les océans. On m’a montré des images brutes, violentes, à grand coup de culpabilité là aussi. On m’a dit que je devais utiliser des pailles en papier, que c’était plus écologique. Pourtant… Je me souviens que lorsque j’étais gosse, on me faisait déjà culpabiliser, parce que je devais faire attention avec le papier. Une feuille de papier, aussi poétique qu’elle puisse être, c’est avant tout un arbre… Et les arbres, à l’époque, il fallait les sauver, l’avenir de l’homme et de la planète étant en jeu. On a du réussir notre mission, on a sauvé tous les arbres du monde, pouvant passer au second épisode dont le but est de sauver les océans contre le grand vilain plastique.

Parce que finalement l’écologie, la planète, son avenir, le mien, le vôtre, c’est très tendance… je me suis intéressé à toutes ces superbes personnes qui nous donnent le ton et nous expliquent comment nous devons faire ceci ou cela. Pour ça, rien de compliqué, il suffit de s’intéresser à ces charmantes personnes qui nous jugent, commentant nos questions, nos avis sur les réseaux sociaux. A l’image de cette jeune fille qui clashait les gens, les insultant de tous les noms, dans sa lutte du vouloir « changer le monde », prônant la « belle » parole depuis son smartphone. Cette jeune fille, maquillée comme un camion volé, qui me dit que je suis un « fils de pute » si je ne suis pas d’accord avec elle… Mais bien maquillée comme elle l’aura expliqué le matin, sur sa chaîne YouTube, lors de son tuto. Une fois celui-ci mis en ligne, la princesse sera partie en quête pour sauver le monde, pour se battre contre la pollution, la maltraitance animale, la dictature et ce monde qui reste stoïque face au constat des experts. Lutte qui n’aura pas duré longtemps ce jour- là, faute de batterie sur son iPhone dernier cri ! Dommage… Elle reprendra la lutte demain après midi… Ou le soir, parce que demain après-midi, elle ira sur la plage. Mais ne vous inquiétez pas, elle saura protéger sa peau, sa marque préférée a sorti une nouvelle gamme de crèmes de protection anti-UV. Gageons qu’elle n’a pas du se baigner ensuite !

Au final, je constate une chose… On me dit quoi faire en permanence ! Je dois agir comme ceci ou comme cela, parce que ceci ou cela. Il y a toujours une bonne raison, une bonne excuse pour justifier le fait de mettre en place notre petite dictature. Dire aux autres que ce qu’ils font est mal et qu’ils doivent, pas qu’ils devraient, mais qu’ils doivent faire autrement !!! Alors loin de moi l’idée de ne pas prendre conscience ou d’agir contre ce qui ne va pas. On sait mes avis souvent bien posés et tranchés. On sait que je suis pour la lutte protégeant les animaux, même si je ne suis pas vegan, mais que je pense que limiter sa conso est plus qu’intelligent. Bien entendu il faut aussi prendre soin de la planète et arrêter de polluer. Mon article ne va pas à contre sens de ces idées là… Mes mots ici posés vont à l’encontre de ces discours dont on nous inonde en permanence, nous dictant notre façon de faire… Discours que nous devrions ensuite appliquer aveuglement. Je dis quant à moi que chacun est libre de penser et d’agir comme il le désire. Qu’une phrase n’est ni une vérité, ni une contre-vérité, sous prétexte qu’elle est répétée mille et une fois, par tout le monde et n’importe qui. Avant d’exiger du reste du monde qu’il agisse comme ils le prônent, ces gens qui nous prêchent la bonne parole devraient peut-être commencer par balayer devant leur porte, comme l’aurait dis ma grand-mère. Finalement, le monde ne tournerait-il pas un peu mieux si chacun commençait par s’occuper de ses propres fesses ?

Vivez libres et heureux…

Scylla PIERCE

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