Coup de move

Tic Tac… Tik Tok…

Fucking obsolescence oblige, le temps me rappelle régulièrement que je vieillis. Dernier rappel en date, une app sur mon smartphone, un réseau social, que j’ai du mal à suivre… Jusque dans ses mouvements ! Facebook a fait son temps, pour l’heure les nouvelles générations l’ont déserté pour aller bouger au rythme de leurs musique préférées, sur la plateforme « Tik Tok ».

Tik Tok n’est pas un nouveau jeu à télécharger sur son téléphone portable, c’est la nouvelle app tendance chez les 10-16 ! A l’image d’Instagram, il s’agit d’un réseau social où l’on s’expose, sur des vidéos courtes, mises en scènes sur le morceau de musique de son choix. Playback, chorégraphies, challenges… Chacun y va de ses préférences du moment, du jour, de l’heure, de l’instant. Ici pas question de montrer que tout est beau et parfait dans notre vie, sur Tok Tok, il est de bon ton de bouger et loin du ridicule, de ne pas se prendre aux sérieux. Bien entendu, fallait pas trop rêver, le but du jeu est le même que partout : devenir le plus populaire et obtenir le plus de vues et de followers ! Les utilisateurs de l’app doivent donc se créer un compte gratuitement, pour ensuite « follower » (suivre les autres utilisateurs qu’ils aiment) et distribuer les « like » (mentions J’aime) à leur vidéos préférées.

De prime abord, rien de bien dangereux… Dès la première visite de l’application, on se rend compte en effet que le public d’utilisateurs est très jeune, même s’il n’est pas étrange de visionner des vidéos d’un public plus « averti ». Ici, pas besoin d’un Bac +10, pas ou très peu de texte, mais de la créativité à travers l’image proposée. Et le résultat est parfois assez bien foutu, dans la masse on trouve de belles petites perles, des vidéos postées mettant en scène de superbes chorégraphies, de moments délires qui prêtent à rire ou sourire, ou de superbes mises en scène n’ayant rien à envier aux vidéos postées sur YouTube. La grosse différence entre ces deux plateformes réside d’ailleurs dans la musique diffusée, Tik Tok, au contraire de l’app préférée des utilisateurs en question de musique et de vidéos, ne censure pas les vidéos pour « droits d’auteurs », vous pouvez donc laisser libre cours à votre imagination, sans craindre de voir le son censuré. Au premier regard donc, du délire, du fun et du move… Avec un succès fulgurant d’ailleurs, puisqu’aujourd’hui, l’app compte plus de 800 millions d’utilisateurs.

Mais à mieux y regarder, l’app qui partait bien sympa et permet à vos rejetons de mieux faire passer le temps pendant le confinement reste un réseaux social avec tous les abus, toutes les dérives et les dangers qu’on lui connaît. L’hyper-sexualisation du corps et principalement celui de fa femme, est tout aussi présente que sur les autres réseaux. N’en déplaise aux prédateurs tapis dans l’ombre des faux profils… Et une absence de contrôle flagrant de la part des concepteurs, puisque dès votre inscription vous pourrez vous rendre compte que l’application est interdite aux mineurs… Dans la théorie ! Une règle vite contournée par un petit mensonge et le profil est crée en deux temps trois mouvements. Avec pour moteur un narcissisme exacerbé, tel qu’on le connaît chez les plus jeunes générations, la course à la popularité débute et dérive sur une guerre sans merci, où tous les moyens semblent bon à utiliser pour gagner des likes. Il n’est pas donc rare de voir de jeunes, très jeunes ados, imiter leurs starlettes préférées, tout aussi jeunes qu’elles, dans des tenues aussi réduites en tissus qu’un mouchoir en papier. Le danger est là, il expose et influence à reproduire et à toujours aller plus loin.

A l’instar d’applications telles que Snapchat, les plus jeunes délaissent donc le réseaux social Facebook, entrain de se laisser dépasser par les app au contenu plus « léger »… Et si certains médias s’interrogent, depuis un moment sur une pseudo interdiction de celle-ci chez les plus jeunes, la réelle complexité repose donc sur le « comment consomment » ces générations, en toute impudeur et ce contre l’avis des parents, voire de toute légalité. Car rappelons-le, on peut finalement mettre en place tous les « contrôles parentaux » qu’on voudra,  notre triste sort nous rattrape, contrairement aux plus jeunes, nous ne sommes pas nés avec un iPhone dernier cri dans la main gauche, une tablette dans la droite, les yeux rivés sur Netflix ! Constat oblige, il n’est pas donc étrange de réaliser que la rassurante sécurité mise en place est vite contournée par les ados pour qui la technologie et ses méandres n’a, à vrai dire, aucun secret. Si l’outil est plutôt bien connu, c’est encore une fois la main de l’homme qui vient ici tout ternir…

Scylla…
LIENS :

TIK TOK

Disponible sur toutes les plateformes de téléchargement d’applications pour Smartphones

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