Autre contrariété

Vote ou tais-toi…

On me dit qu’il faut parler… Parler de moi. Mais pour dire quoi ? Puisqu’il n’y a rien à dire. Alors on me dit de déverser, de dégueuler, de partager… Mais voilà, le syndrome de la page blanche a eu raison de mon inspiration. Sous asphyxie, je suis actuellement dans cette phase douloureuse, absurde, mais nécessaire de la reconstruction. A bout, je suis fatigué, je ne rêve que de repos alors que mon cas-presqu’un-jour-empire, me réclame à corps et à cris. Alors j’écris… Et là, je vais écrire que les gens m’emmerdent… Ca chipote, ça jacasse, ça se plaint, ça ronchonne… Les derniers maux de la terre en date ? Les élections de ce week-end…

Et oui, vous ne l’aurez certainement pas loupé, le week-end dernier, la Belgique et le Luxembourg avaient cela en commun, les deux pays ont appelé leurs électeurs à aller se prononcer. On leur a demandé leur avis… On leur a permis, ce qui est le contraire d’une dictature, à ouvrir leur gueule (passez-moi l’expression) pour quelque chose d’utile, puisqu’on leur a demandé qui, d’une façon ou d’une autre, allait prendre des décisions et influencer le cours de leur vie. Rappellons que tout le monde n’a pas cette chance et que certains pays pratiquent encore la dictature. Alors ok, c’est dimanche… Le dimanche matin, c’est fait pour dormir, récupérer de la veille, de la semaine, du mois qui vient de s’écouler…. Le dimanche c’est la gueule de bois, c’est l’enfer des diners familiaux et de la tête de con de voisin qui tond sa pelouse alors qu’il pourrait le faire quand il veut… Mais non, c’est le dimanche ! Il aura donc fallu cet exercice extraordinaire que de se lever, pour se déplacer et aller donner son avis.

Si le vote est obligatoire, ce n’est pas faute de se renseigner de savoir quelle serait la sanction qui tomberait si « on » n’allait pas voter. Quand on voit l’énergie que certains placent dans cette quête à l’information absolue, on se dit qu’il est dommage que cette énergie extraordinaire n’ait pas été placée dans ce que proposent vraiment les partis pour lesquels on a le choix de voter. Mais là non, c’est pas intéressant… Quand il y a des clash façon télé-réalité à la télé, ou sur l’Internet, là tout le monde mate l’écran. Mais une fois que ça devient constructif, qu’il y a lieu de s’informer sur quel programme, quelles propositions, quel avenir finalement, là, plus personne n’est intéressé. Et ça se plaint… « C’est tous des cons », « C’est toujours la même chose », « C’est ennuyant »… Bah oui, parce que lorsque toi tu ne vas pas voter, ou pire que tu votes blanc (donc que tu te plains de te déplacer mais que tu te déplaces pour rien) tu donnes la parole aux personnes qui votent toujours de la même façon et qui mettent au pouvoir des cons pour les cons… Mais des cons qui vont décider pour toi, comment tu vas vivre, comment tu vas galèrer, jusque quand tu iras t’acharner à la mine, combien tu vas payer encore et encore… Ceux-là même qui décident comment tu vas bouffer, ce que tu vas lire… Ok on passe, autant pour moi, il n’est plus « Tendance » de lire en 2018, sorry !

Et après, une fois tout cela fait, l’inéluctable se produit… Aussi prévisible que cela devait être : ça se plaint !!! Ca chipote, ça jacasse, ça se plaint, ça ronchonne… « Tous des cons », « Toujours la même chose », « J’en ai marre ». T’en a même tellement marre que lorsque tu pouvais donner ton avis, que tu avais la possibilité, toi et tous les autres petites molécules de pays, les uns à coté des autres, ensemble, tous unis, au mieux vous ne vous êtes pas renseignés sur « pour qui voter », au pire vous n’avez pas donné votre avis » ! Alors, à ce petit jeu, qui est le plus con des deux ?

Un grand monsieur, lorsque j’étais ado, con et boutonneux m’a un jour dis cette grande phrase qui ne m’a plus jamais quittée : “Si tu ne vas pas voter, tais-toi !“.

Scylla PIERCE

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Cover : Key SETO

1°: Parker JOHNSON

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